Tranches de vie
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1, 2
Re: Tranches de vie
Il s’agit de moments que j ai pu passer avec des gens merveilleux, des gens que j aime et qui comptent beaucoup pour moi, mais c’était tellement bref, et puis le temps passe tellement vite qu’on croirait avoir rêvé, que c’était une illusion.. mais aussi brefs soient-il ce fut des moments de purs bonheur.
Invité- Invité
Re: Tranches de vie
Qui sont-ils ? Elle et lui ? Qui est t-il pour elle ? Est ce le mari, un jardinier ou un ami ? Et elle ? Que regarde t-elle ses yeux, sa main ou la rose ? Trop de questions ! C'est un homme et une femme, au printemps, peu importe qui ils sont. Les fleurs sont belles, le soleil luit, sous le chapeau, l'homme sourit, heureux. Tous deux savent que l'instant est précaire. Que la vie est précaire, comme cette matinée de printemps. Mais que la rose est belle ! La dame sourit et l'homme cueillera la rose. Pour elle.
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Je sais qu'on ne sait jamais rien


Re: Tranches de vie
ce texte me confirme bien des choses je le trouve merveilleux je ne me lace pas de le relire 


PINK- Pink
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Re: Tranches de vie
PINK a écrit:ce texte me confirme bien des choses je le trouve merveilleux je ne me lace pas de le relire
Une rose tout en rouge
Je ne m'en lasse pas, moi non plus...
Invité- Invité
Re: Tranches de vie
Il était un peu comme vous et moi, pourtant il avait en lui quelque chose d'indéfinissable.
Quelque chose comme une pureté dans le regard, une noblesse dans le visage, une élégance dans le port. Quelque chose. Quelque chose qu'il portait comme une croix.
Etait ce un sentiment ? Etait ce une conviction ? Etait ce un caractère ?
Peut-être que ce qui s'en rapprocherait le plus était l'amour. Oui l'amour. Il était plein d'amour. De la bonté en toute chose. Il aimait les autres. Il aimait les êtres et les choses.
L'oeuvre de Dieu. Beaucoup de sensibilité lui avait découvrir le sens caché, confus, de nombre de choses. Mais il n'avait compris le sens de l'amour. Peut-être qu'il en portait trop. Trop pour les autres. Trop pour l'autre. Qui souvent ne le comprenait pas. L'abandonnait. Craignant pour lui-même. Pour le confort d'une vie toute faite, scellée. Trop de préjugés empèchent l'amour. La société n'aime les histoires d'amour que dans les chansons, les livres, les films et le rêve.
Il revient alors au rève d'être la réalité, d'être un peu comme vous et moi.
Quelque chose comme une pureté dans le regard, une noblesse dans le visage, une élégance dans le port. Quelque chose. Quelque chose qu'il portait comme une croix.
Etait ce un sentiment ? Etait ce une conviction ? Etait ce un caractère ?
Peut-être que ce qui s'en rapprocherait le plus était l'amour. Oui l'amour. Il était plein d'amour. De la bonté en toute chose. Il aimait les autres. Il aimait les êtres et les choses.
L'oeuvre de Dieu. Beaucoup de sensibilité lui avait découvrir le sens caché, confus, de nombre de choses. Mais il n'avait compris le sens de l'amour. Peut-être qu'il en portait trop. Trop pour les autres. Trop pour l'autre. Qui souvent ne le comprenait pas. L'abandonnait. Craignant pour lui-même. Pour le confort d'une vie toute faite, scellée. Trop de préjugés empèchent l'amour. La société n'aime les histoires d'amour que dans les chansons, les livres, les films et le rêve.
Il revient alors au rève d'être la réalité, d'être un peu comme vous et moi.
Je sais qu'on ne sait jamais rien


Re: Tranches de vie
Je vis en solitaire je ne vais vers les autres
Que pour avoir à mettre à croquer sous ma dent
Un bout de pain chiffon ma bouteille de rouge
Qui me tient compagnie et me comprend très bien
Me raconte sa vie sous le pont des amours
Pour me faire oublier les misères du monde
Comme cette princesse des mille et une nuits
Qui a comblé son roi pour autant de journées
Je vis en solitaire pourquoi aller aux autres
Quand l’eau douce qui coule sans arrêt sous le pont
Sait chanter les chansons que l’homme ne peut pas
Et le vin de la treille qui glougloute à la gorge
Me raconte sa vie pour combler mon ivresse
Pourquoi aller chercher chez ceux qui sur le pont
Passent sans voir dessous ont une autre musique
Et des chansons d’amour des amours qui finissent
Comme une lueur éphémère qui laisse sur sa faim
Je vis en solitaire loin des lois inhumaines
Des caractères hautains et des autres bassesses
Je n’ai pas voulu ça les autres m’ont poussé
Car déjà en enfance je prenais de l’écart
Incompris par le reste pourtant j’ai dans la tête
Ce que d’autres n’ont pas qui leur rendrait service
J’ai toutes mes vertus eux n’ont-ils pas de vices
Tous les hommes me fuient alors j’en fais autant
Ils disent ce pauvre homme autant je pense d’eux
Je vis en solitaire bateau à la dérive
Peu importe le port peut être bien une île
Car le plaisir est là quand le hasard nous mène
Le but est toujours beau et comble les plaisirs
Je n’ai rien à prévoir rien à organiser
Pour vivre au jour le jour le temps ne compte pas
Une journée de plus une journée de moins
Quand le bateau s’en va gonflé par les misères
Qui remplacent le vent et le poussent au grand large
Tout devient aléa tout devient coïncidence
Tout le monde m’en veut me regarde d’un œil
Me prend pour une loque sans voir ce que je vaux
Je montre les misères que d’autres cachent bien
Je ne porte aucun nom un nom commun suffit
Fait de trois initiales sdf et c’est tout
Cela suffit à dire que le rang que j’occupe
Est hors de société et le plus bas au monde
Seuls ce lit de carton cette bouteille olive
Vous diront ma valeur ils savent mes secrets
Toute mon histoire mes peines et mes plaisirs
C’est pour cela qu’ils sont les seuls amis que j’ai
Tous les bonheurs se font le fait d’être compris
Siky HAMM
1er juillet 2007
Que pour avoir à mettre à croquer sous ma dent
Un bout de pain chiffon ma bouteille de rouge
Qui me tient compagnie et me comprend très bien
Me raconte sa vie sous le pont des amours
Pour me faire oublier les misères du monde
Comme cette princesse des mille et une nuits
Qui a comblé son roi pour autant de journées
Je vis en solitaire pourquoi aller aux autres
Quand l’eau douce qui coule sans arrêt sous le pont
Sait chanter les chansons que l’homme ne peut pas
Et le vin de la treille qui glougloute à la gorge
Me raconte sa vie pour combler mon ivresse
Pourquoi aller chercher chez ceux qui sur le pont
Passent sans voir dessous ont une autre musique
Et des chansons d’amour des amours qui finissent
Comme une lueur éphémère qui laisse sur sa faim
Je vis en solitaire loin des lois inhumaines
Des caractères hautains et des autres bassesses
Je n’ai pas voulu ça les autres m’ont poussé
Car déjà en enfance je prenais de l’écart
Incompris par le reste pourtant j’ai dans la tête
Ce que d’autres n’ont pas qui leur rendrait service
J’ai toutes mes vertus eux n’ont-ils pas de vices
Tous les hommes me fuient alors j’en fais autant
Ils disent ce pauvre homme autant je pense d’eux
Je vis en solitaire bateau à la dérive
Peu importe le port peut être bien une île
Car le plaisir est là quand le hasard nous mène
Le but est toujours beau et comble les plaisirs
Je n’ai rien à prévoir rien à organiser
Pour vivre au jour le jour le temps ne compte pas
Une journée de plus une journée de moins
Quand le bateau s’en va gonflé par les misères
Qui remplacent le vent et le poussent au grand large
Tout devient aléa tout devient coïncidence
Tout le monde m’en veut me regarde d’un œil
Me prend pour une loque sans voir ce que je vaux
Je montre les misères que d’autres cachent bien
Je ne porte aucun nom un nom commun suffit
Fait de trois initiales sdf et c’est tout
Cela suffit à dire que le rang que j’occupe
Est hors de société et le plus bas au monde
Seuls ce lit de carton cette bouteille olive
Vous diront ma valeur ils savent mes secrets
Toute mon histoire mes peines et mes plaisirs
C’est pour cela qu’ils sont les seuls amis que j’ai
Tous les bonheurs se font le fait d’être compris
Siky HAMM
1er juillet 2007

Eleonore- Honoris
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Réputation: 12
Inscrit le : 29/06/2009
Re: Tranches de vie
Non tu n'es pas seule avec tes cartons, d'autres partagent tes moments
Tes joies et tes peines, d'autres, qui jamais ne te seront étrangers
Car ils savent que de tous les mots "ami" veut d'abord dire partager
Et quoi de premier à partager que l'humanité des sentiments
Tes joies et tes peines, d'autres, qui jamais ne te seront étrangers
Car ils savent que de tous les mots "ami" veut d'abord dire partager
Et quoi de premier à partager que l'humanité des sentiments
Je sais qu'on ne sait jamais rien


Re: Tranches de vie
I like Chopin
Il est dur d'être conscient d'avoir vécu. De se retourner et de voir tout ce temps passé, ces temps morts, regrettés.
J'écoute une chanson d'un temps passé, I like Chopin, j'ai les mêmes plaisirs, les mêmes sensations, j'aime cette chanson.
Pourtant une douleur, comme celle de Verlaine reprise dans la chanson de Gainsbourg, je me revois, je revois ces gens disparus, véritablement, comme mes grands-mères, mes oncles, mon père, ou symboliquement, ceux qui ne sont plus là parce qu'un jour on s'est quitté ou ceux qui, comme nous, ont grandis. Je revois aussi ma vie, déroulement entre cette époque et aujourd'hui, matière encore vierge, jours à faire, projets à réaliser.
Je n'ai pas changé c'est la vie qui a changé.
Parfois, je ferme les yeux, à m'en faire mal, je serre les paupières et aussi les dents. Je serre les dents inconsciemment, je m'en aperçois pas, mais les dentistes, eux, me le disent.
Ce n'est pas que je m'en fasse pour l'avenir, les soucis, la vie comme on dit, je connais sa logique, même si cela m'attriste, quand je pense à la mort, celle des proches et la mienne. C'est plutôt les instants qui passent un peu vides, un peu inutiles parfois, et toutes ces possibilités que nous avons d'êtres nous mêmes et que nous ne pouvons pas concrétiser, pour une raison ou pour une autre, souvent pour des motifs changeants, des prétextes, parfois par impuissance, ignorance, prudence ou crainte.
Les instants sont toujours perçus comme secondaires, par rapport à ce que nous voyons comme la pérennité de notre vie. En fait nous oublions qu'il n y a pas de pérennité, il n'y a que des instants accumulés.I like Chopin.
Iqbal
Je sais qu'on ne sait jamais rien


Re: Tranches de vie
Le cahier bleu -1-
Il devait être sept heures, à entendre les bruits de la rue. Je devais me réveiller. Comme d'habitude je devais aller travailler.
De sous mon matelas, j'ai retiré le cahier bleu pour le remettre dans la poche de ma veste, que j'ai vite enfilée, après mes autres vêtements.
Je devais prendre mon petit déjeuner dans un petit café sur la route de mon bureau, à la première correspondance du train de banlieu.
Le café était vide ce matin, j'ai compris que je devais en retard, habituellement il y avait foule avant huit heures.
Le café commandé, je pris la tasse pour la porter à mes lèvres, je ne terminais pas mon geste, une femme que je ne connaissais pas se précipita sur moi.
"Bonjour ! Bonjour !", me dit -elle, avec une pointe de panique dans le ton de sa voix. "Est-ce que je peux vous demander quelque chose ?" Le ton était devenu implorant. Je ne comprenais pas où est ce qu'elle voulait en venir. Sa présence même dans le café était incongrue, l'endroit étant, en Algérie, réservé aux hommes .
Je répondis : «A votre service». Qu'avais-je à savoir ? Sur cette femme, sa présence ici ou l'objet de sa demande ? C'était une personne qui avait besoin de moi et cela me suffisait pour vouloir l'écouter et l'aider.
«Je voudrais vous donner un texte. Un texte à donner à Albert Cossery» continua t-elle. En l'entendant prononcer le nom de l'écrivain égyptien, je fus convaincu d'avoir affaire à une femme en proie à des problèmes psychiques.
Cossery ! Rien que ça ! Me dis-je, amusé, en mon for intérieur. Le célèbre romancier était mort depuis quelques mois déjà et même s'il avait été vivant, en quoi pouvais-je avoir quelque rapport avec lui.
Mais la femme se repris en précisant : «A ... Brahim Allaoua». Je fus surpris que la femme puisse connaître Brahim, un ami de longue date, que j'avais toutefois perdu de vue, depuis qu'il avait épousé Rachida avec laquelle je sortais, alors que nous étions tous les trois lycéens.
Brahim que nous surnommions justement Albert Cossery, à cause de son admiration sans bornes pour la trame de «Mendiants et orgueilleux». Brahim était depuis devenu journaliste et avait acquis une certaine notoriété.
A suivre .../...
Il devait être sept heures, à entendre les bruits de la rue. Je devais me réveiller. Comme d'habitude je devais aller travailler.
De sous mon matelas, j'ai retiré le cahier bleu pour le remettre dans la poche de ma veste, que j'ai vite enfilée, après mes autres vêtements.
Je devais prendre mon petit déjeuner dans un petit café sur la route de mon bureau, à la première correspondance du train de banlieu.
Le café était vide ce matin, j'ai compris que je devais en retard, habituellement il y avait foule avant huit heures.
Le café commandé, je pris la tasse pour la porter à mes lèvres, je ne terminais pas mon geste, une femme que je ne connaissais pas se précipita sur moi.
"Bonjour ! Bonjour !", me dit -elle, avec une pointe de panique dans le ton de sa voix. "Est-ce que je peux vous demander quelque chose ?" Le ton était devenu implorant. Je ne comprenais pas où est ce qu'elle voulait en venir. Sa présence même dans le café était incongrue, l'endroit étant, en Algérie, réservé aux hommes .
Je répondis : «A votre service». Qu'avais-je à savoir ? Sur cette femme, sa présence ici ou l'objet de sa demande ? C'était une personne qui avait besoin de moi et cela me suffisait pour vouloir l'écouter et l'aider.
«Je voudrais vous donner un texte. Un texte à donner à Albert Cossery» continua t-elle. En l'entendant prononcer le nom de l'écrivain égyptien, je fus convaincu d'avoir affaire à une femme en proie à des problèmes psychiques.
Cossery ! Rien que ça ! Me dis-je, amusé, en mon for intérieur. Le célèbre romancier était mort depuis quelques mois déjà et même s'il avait été vivant, en quoi pouvais-je avoir quelque rapport avec lui.
Mais la femme se repris en précisant : «A ... Brahim Allaoua». Je fus surpris que la femme puisse connaître Brahim, un ami de longue date, que j'avais toutefois perdu de vue, depuis qu'il avait épousé Rachida avec laquelle je sortais, alors que nous étions tous les trois lycéens.
Brahim que nous surnommions justement Albert Cossery, à cause de son admiration sans bornes pour la trame de «Mendiants et orgueilleux». Brahim était depuis devenu journaliste et avait acquis une certaine notoriété.
A suivre .../...
Je sais qu'on ne sait jamais rien


Re: Tranches de vie
Lorsque j'étais enfant, par la taille, j'étais arrivé à ne plus faire de différence entre un rêve et la réalité. Je croyais que je pouvais voler. Et jusqu'à aujourd'hui, dans mes souvenirs, mes vols se présentent comme une réalité. Je me souviens avoir volé. Aujourd'hui, entouré d'adultes et de documents en tous genres, qui ont fini par me convaincre que l'homme ne volait pas, je ne vole désormais plus qu'en rêve.
Je ne vole pas comme un aviateur ou un parachutiste, ni comme un oiseau, ni comme Icare, non je vole grand, je vole immense, je vois le monde au dessus de moi, j'embrasse du regard des horizons, des mers entières, des vallées verdoyantes et des embouchures de fleuves.... .
Je vois souvent sous mes yeux des fontaines jaillissantes, comme des explosions d'eau, au milieu de paysages luxuriants vallonnées et des groupes de personnes entrain de converser.
Je vois souvent cette mer de bleu-vert à perte de vue, scintillant uniformément bordée de cotes rectilignes.
Seule la lumière est différente de la réalité. C'est une lumière comme monochrome. Le son aussi puisque je n'entends que ce je dis et comme un brouhaha de gens qui parlent en même temps.
Tiens, le temps, j'allais l'oublier celui-là ! Il ne fait pas partie de mes rêves, c'est d'ailleurs lui qui les fait s'enfuir, droit devant moi, pour que toujours je les poursuive.
Mais, chut ! Le temps ne sait pas que je vole et que mes rêves ... je les rattrape toujours.
Je ne vole pas comme un aviateur ou un parachutiste, ni comme un oiseau, ni comme Icare, non je vole grand, je vole immense, je vois le monde au dessus de moi, j'embrasse du regard des horizons, des mers entières, des vallées verdoyantes et des embouchures de fleuves.... .
Je vois souvent sous mes yeux des fontaines jaillissantes, comme des explosions d'eau, au milieu de paysages luxuriants vallonnées et des groupes de personnes entrain de converser.
Je vois souvent cette mer de bleu-vert à perte de vue, scintillant uniformément bordée de cotes rectilignes.
Seule la lumière est différente de la réalité. C'est une lumière comme monochrome. Le son aussi puisque je n'entends que ce je dis et comme un brouhaha de gens qui parlent en même temps.
Tiens, le temps, j'allais l'oublier celui-là ! Il ne fait pas partie de mes rêves, c'est d'ailleurs lui qui les fait s'enfuir, droit devant moi, pour que toujours je les poursuive.
Mais, chut ! Le temps ne sait pas que je vole et que mes rêves ... je les rattrape toujours.
Je sais qu'on ne sait jamais rien


Re: Tranches de vie
A BAB EL OUED
Tout à l'heure, je suis allé à Bab-el-oued. Il y a là un parking, mitoyen du Palais des Raïs, aménagé au dessus de la plage. J'aime y garer ma voiture et regarder la mer à mes pieds, en vagues larges comme les assauts du temps de notre vie. J'aime aussi porter mon regard au loin à l'horizon, un horizon incompréhensible, tracé mais sans sens précis. A droite tournant le dos à Bab el oued : l'Amirauté, noyau d'El Djazair, fronton d'Alger. La silhouette banale et délabrée des batiments, attriste les mouettes, qui tournoient au ras de l'eau et qui de temps à autre me regardent, j'en ai même entendu une m'appeler par mon prénom et je lui ai bien sûr répondu Hamdoulilah. Sur la plage des jeunes adroits et alertes en tenue legère, font des exercices acrobatiques. Plus haut, hors du parking, des couples serrés les uns contre les autres, s'appuient sur la vieille balustrade en fer forgé rongée par l'air marin. Tout à leurs amourettes ils ignorent la mer, les filles sont en foulard et les garçons ont trop de gel sur leurs cheveux courts. J'aspire un grand bol d'air marin, j'aime l'odeur iodée de la mer à Bab el oued, je me retourne et Rais Hamidou du haut d'une statue comme perdue me reconnait. D'un geste discret de la main, je le salue et rejoins le vacarme et les trottoirs sales de la ville.
Tout à l'heure, je suis allé à Bab-el-oued. Il y a là un parking, mitoyen du Palais des Raïs, aménagé au dessus de la plage. J'aime y garer ma voiture et regarder la mer à mes pieds, en vagues larges comme les assauts du temps de notre vie. J'aime aussi porter mon regard au loin à l'horizon, un horizon incompréhensible, tracé mais sans sens précis. A droite tournant le dos à Bab el oued : l'Amirauté, noyau d'El Djazair, fronton d'Alger. La silhouette banale et délabrée des batiments, attriste les mouettes, qui tournoient au ras de l'eau et qui de temps à autre me regardent, j'en ai même entendu une m'appeler par mon prénom et je lui ai bien sûr répondu Hamdoulilah. Sur la plage des jeunes adroits et alertes en tenue legère, font des exercices acrobatiques. Plus haut, hors du parking, des couples serrés les uns contre les autres, s'appuient sur la vieille balustrade en fer forgé rongée par l'air marin. Tout à leurs amourettes ils ignorent la mer, les filles sont en foulard et les garçons ont trop de gel sur leurs cheveux courts. J'aspire un grand bol d'air marin, j'aime l'odeur iodée de la mer à Bab el oued, je me retourne et Rais Hamidou du haut d'une statue comme perdue me reconnait. D'un geste discret de la main, je le salue et rejoins le vacarme et les trottoirs sales de la ville.

Je sais qu'on ne sait jamais rien


Re: Tranches de vie
LE CHAMP DE BARGOUG
Bargoug est un mot qui veut dire abricot, il en est d'ailleurs à l'origine via l'Espagne andalouse. A M'sila aux bords de l'Oued el Ksob, dominé par le mausolée blanc de Sidi Boudjemline, s'étendent les champs d'abricotiers. En arrivant du Nord pierre et rocaille réflechissent la lumière crue du soleil puis le barrage apparait, spectacle grandiose qu'on admire du haut de montagnes désolés. Commence la descente et au fond par journée claire on peut voir s'étendre le Hodna, le coeur s'émeut sans qu'on sache pourquoi : est ce la baraka sereine de celle qui allaita le Prophête sala Allah alih oua salam et dont on dit que la descendance eut à arriver en ces lieux ?
Puis la descente finie, le paysage devient rieur, en ce bourg d'El kh'mais, la verdure est à même le goudron de la chaussée et les arbres de bargoug, les abricotiers, comme en un eden s'offrent aux bienheureux arrivants.Les arbres s'étendent et se déclinent, selon les saisons, en blanche parure ou en verdoyante exubérance.
C'était un jour de juin et je me souviens du soleil espiègle qui me regardait déjà droit dans les yeux. Le propriètaire m'avait convié en son champ et j'avais à l'esprit, à vivre cet instant enchanteur, en ce jardin, la parabole de celui qui disait à son compagnon "je ne crois que ceci disparaitra".
Je voyais le vouloir de Dieu et que nulle force n'est que par Dieu, en ces arbres bas, ployant sous les fruits lumineux doux et rebondis, en ces herbes vertes comme un tapis deployé, en cette lumière comme un vent de liberté, en cette fraicheur chaleureuse, en cet instant comme la pièce maitresse d'un chapelet, en cet instant de bonheur complet, comme une avance sur le Paradis et un sens à notre vie.
Bargoug est un mot qui veut dire abricot, il en est d'ailleurs à l'origine via l'Espagne andalouse. A M'sila aux bords de l'Oued el Ksob, dominé par le mausolée blanc de Sidi Boudjemline, s'étendent les champs d'abricotiers. En arrivant du Nord pierre et rocaille réflechissent la lumière crue du soleil puis le barrage apparait, spectacle grandiose qu'on admire du haut de montagnes désolés. Commence la descente et au fond par journée claire on peut voir s'étendre le Hodna, le coeur s'émeut sans qu'on sache pourquoi : est ce la baraka sereine de celle qui allaita le Prophête sala Allah alih oua salam et dont on dit que la descendance eut à arriver en ces lieux ?
Puis la descente finie, le paysage devient rieur, en ce bourg d'El kh'mais, la verdure est à même le goudron de la chaussée et les arbres de bargoug, les abricotiers, comme en un eden s'offrent aux bienheureux arrivants.Les arbres s'étendent et se déclinent, selon les saisons, en blanche parure ou en verdoyante exubérance.
C'était un jour de juin et je me souviens du soleil espiègle qui me regardait déjà droit dans les yeux. Le propriètaire m'avait convié en son champ et j'avais à l'esprit, à vivre cet instant enchanteur, en ce jardin, la parabole de celui qui disait à son compagnon "je ne crois que ceci disparaitra".
Je voyais le vouloir de Dieu et que nulle force n'est que par Dieu, en ces arbres bas, ployant sous les fruits lumineux doux et rebondis, en ces herbes vertes comme un tapis deployé, en cette lumière comme un vent de liberté, en cette fraicheur chaleureuse, en cet instant comme la pièce maitresse d'un chapelet, en cet instant de bonheur complet, comme une avance sur le Paradis et un sens à notre vie.
Je sais qu'on ne sait jamais rien


Re: Tranches de vie
A BAB AZZOUN
Ba Slimane était de Ghardaïa. Il ne fréquentait pas beaucoup. Il passait inaperçu dans les ruelles de Bab Azzoun, où on le voyait souvent pousser une petite charette à bras pleine
de ballots. Il travaillait dans un petit commerce de tissus tenu par des gens de sa région. Hier matin je l'ai rencontré. Il était là dans un coin sombre, il m'a rendu mon salam, j'allais continuer mon chemin, quand j'ai vu, qu'il avait enlevé ses grosses lunettes de myope, tenus par un morceau de tissu élastique et qu'il pleurait. Ba Slimane qui pleurait, à son age ! il devait avoir 60 ans. J'étais tenu de m'arrêter et de lui demander ce qui n'allait pas. Ba Slimane, qui parlait si peu, m'apprit que sa femme était morte. Sa femme était morte et il ne vivait plus avec elle depuis 30 ans. Depuis ce soir funeste pour lui, où il avait suivi pour la première et dernière fois de mauvais compagnons, qui lui avaient fait boire du vin, à lui Ba Slimane ! Ce soir là il était rentré saoul à la maison et sa femme l'avait chassé de sa propre maison, de sa couche, de sa vie... . Ses enfants étaient devenus des hommes et il n'avait jamais pû regagner son foyer. Pendant tout ce temps, Ba Slimane n'avais jamais cessé d'aimer sa femme et aujourd'hui, elle est morte.
Je n'ai rien dit, j'ai laissé Ba Slimane pleurer et je suis parti précipitamment.
Je ne voulais pas qu'il voit aussi mes larmes.
Que Bab Azzoun était sombre et triste hier matin.
Ba Slimane était de Ghardaïa. Il ne fréquentait pas beaucoup. Il passait inaperçu dans les ruelles de Bab Azzoun, où on le voyait souvent pousser une petite charette à bras pleine
de ballots. Il travaillait dans un petit commerce de tissus tenu par des gens de sa région. Hier matin je l'ai rencontré. Il était là dans un coin sombre, il m'a rendu mon salam, j'allais continuer mon chemin, quand j'ai vu, qu'il avait enlevé ses grosses lunettes de myope, tenus par un morceau de tissu élastique et qu'il pleurait. Ba Slimane qui pleurait, à son age ! il devait avoir 60 ans. J'étais tenu de m'arrêter et de lui demander ce qui n'allait pas. Ba Slimane, qui parlait si peu, m'apprit que sa femme était morte. Sa femme était morte et il ne vivait plus avec elle depuis 30 ans. Depuis ce soir funeste pour lui, où il avait suivi pour la première et dernière fois de mauvais compagnons, qui lui avaient fait boire du vin, à lui Ba Slimane ! Ce soir là il était rentré saoul à la maison et sa femme l'avait chassé de sa propre maison, de sa couche, de sa vie... . Ses enfants étaient devenus des hommes et il n'avait jamais pû regagner son foyer. Pendant tout ce temps, Ba Slimane n'avais jamais cessé d'aimer sa femme et aujourd'hui, elle est morte.
Je n'ai rien dit, j'ai laissé Ba Slimane pleurer et je suis parti précipitamment.
Je ne voulais pas qu'il voit aussi mes larmes.
Que Bab Azzoun était sombre et triste hier matin.
Je sais qu'on ne sait jamais rien


Re: Tranches de vie
LETTRE DU PERE NOEL A SONNY BOURREAU
Cher Sonny,
J'ai bien reçu ton mail, faut dire que depuis que j'ai internet les choses sont plus faciles pour moi, même si j'ai de moins en moins de courrier, les enfants s'intéressant, de plus en plus, aux jeux vidéos qu'à moi. Toutefois le plus grand nombre a toujours dans le coeur cette étincelle de bonté qui ne cherche qu'à briller. Je sais aussi que beaucoup d'adultes, femmes et hommes, un peu partout dans le monde, de différentes croyances, ont toujours cette même étincelle. Je ne sais pas, moi qui suis croyant, un peu juif, un peu chrétien, un peu musulman, même si parfois je suis aussi agnostique, j'ai toujours considéré que cette étincelle merveilleuse est un don de Dieu, un peu le fil conducteur en chacun de nous et au delà celui de toute l'humanité. Ces femmes et ces hommes sont souvent trompés, par ceux qui non seulement ne croient pas au Père Noël mais n'aiment pas aussi les valeurs qu'il peut représenter. Des valeurs qui bien-sûr, n'ont rien à avoir avec le mercantilisme dont on a paré la fête de Noël. Ces valeurs sont celles du partage, du pardon, du don de soi et de la foi en l'avenir. Ces mêmes valeurs que je retrouve, moi qui suis un peu chinois, un peu arabe et un peu aborigène, partout où je vais dans le monde. Ces mêmes valeurs que je vois aussi bafouées un peu partout dans le monde, souvent par ceux là mêmes qui s'en disent les détenteurs, sinon les concepteurs. Bien-sûr c'est les plus faibles qui souffrent de la violation de ces valeurs, ils en souffrent d'abord par le dénuement, ensuite par le déni des droits, enfin par les conflits armés. Les pauvres et les enfants, sont ainsi les plus touchés, mais à terme c'est toute l'humanité qui pâtiras d'une telle iniquité, qui, peu à peu, a fait prévaloir sa logique même au niveau du patrimoine vital commun à tous les humains et à la faune et à la flore, que constitue l'environnement. L'égoïsme, la soif d'argent et de pouvoir mais aussi le manque de discernement et la fuite en avant. La volonté de pérenniser coûte que coûte un système non seulement inique mais aussi dépassé. Sont autant de facteurs qui me laissent douter quelque fois de ma mission. Mais quelque fois seulement, car je suis vite rappelé à l'ordre par ces millions d'enfants et ces milliards d'enfants qui ont su le rester, comme me dit un ami que je rencontre souvent parmi les étoiles, ce cher Antoine. Je prends alors ma hotte et ces milliards de cadeaux dont ceux de Lakmal, d'Aristide, Maralaa, Rafiatou, Ayouba et Ramath et je m'en vais partout, grâce à toi Sonny, à Iqbal et à tant d'autres, offrir en partage à toute l'humanité l'espoir et le bonheur de croire en un lendemain meilleur.
Bien à toi Sonny,
Le Père Noël.
Cher Sonny,
J'ai bien reçu ton mail, faut dire que depuis que j'ai internet les choses sont plus faciles pour moi, même si j'ai de moins en moins de courrier, les enfants s'intéressant, de plus en plus, aux jeux vidéos qu'à moi. Toutefois le plus grand nombre a toujours dans le coeur cette étincelle de bonté qui ne cherche qu'à briller. Je sais aussi que beaucoup d'adultes, femmes et hommes, un peu partout dans le monde, de différentes croyances, ont toujours cette même étincelle. Je ne sais pas, moi qui suis croyant, un peu juif, un peu chrétien, un peu musulman, même si parfois je suis aussi agnostique, j'ai toujours considéré que cette étincelle merveilleuse est un don de Dieu, un peu le fil conducteur en chacun de nous et au delà celui de toute l'humanité. Ces femmes et ces hommes sont souvent trompés, par ceux qui non seulement ne croient pas au Père Noël mais n'aiment pas aussi les valeurs qu'il peut représenter. Des valeurs qui bien-sûr, n'ont rien à avoir avec le mercantilisme dont on a paré la fête de Noël. Ces valeurs sont celles du partage, du pardon, du don de soi et de la foi en l'avenir. Ces mêmes valeurs que je retrouve, moi qui suis un peu chinois, un peu arabe et un peu aborigène, partout où je vais dans le monde. Ces mêmes valeurs que je vois aussi bafouées un peu partout dans le monde, souvent par ceux là mêmes qui s'en disent les détenteurs, sinon les concepteurs. Bien-sûr c'est les plus faibles qui souffrent de la violation de ces valeurs, ils en souffrent d'abord par le dénuement, ensuite par le déni des droits, enfin par les conflits armés. Les pauvres et les enfants, sont ainsi les plus touchés, mais à terme c'est toute l'humanité qui pâtiras d'une telle iniquité, qui, peu à peu, a fait prévaloir sa logique même au niveau du patrimoine vital commun à tous les humains et à la faune et à la flore, que constitue l'environnement. L'égoïsme, la soif d'argent et de pouvoir mais aussi le manque de discernement et la fuite en avant. La volonté de pérenniser coûte que coûte un système non seulement inique mais aussi dépassé. Sont autant de facteurs qui me laissent douter quelque fois de ma mission. Mais quelque fois seulement, car je suis vite rappelé à l'ordre par ces millions d'enfants et ces milliards d'enfants qui ont su le rester, comme me dit un ami que je rencontre souvent parmi les étoiles, ce cher Antoine. Je prends alors ma hotte et ces milliards de cadeaux dont ceux de Lakmal, d'Aristide, Maralaa, Rafiatou, Ayouba et Ramath et je m'en vais partout, grâce à toi Sonny, à Iqbal et à tant d'autres, offrir en partage à toute l'humanité l'espoir et le bonheur de croire en un lendemain meilleur.
Bien à toi Sonny,
Le Père Noël.
Je sais qu'on ne sait jamais rien


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