Un poème car à tout il faut un commencement
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Un poème car à tout il faut un commencement
Mon Rêve familier
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? --Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Paul VERLAINE.
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? --Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Paul VERLAINE.
Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Très bon choix, il n'y a pas mieux que le prince des poêtes pour commencer.
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles,
Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles !
Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux !
Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées !
Tant elle répandait d'amoureuses rosées
Sur les fleurs et sur nous !
Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme,
Car tu me regardais avec toute ton âme !
J'admirais la beauté dont ton front se revêt.
Et sans même qu'un mot révélât ta pensée,
La tendre rêverie en ton coeur commencée
Dans mon coeur s'achevait !
Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie
Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie,
Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux,
Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures,
Si pleines de rayons, de parfums, de murmures,
Si douces toutes deux !
Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde !
C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde !
Lui qui charme mon coeur ! lui qui ravit mes yeux !
C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère !
C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre
Comme l'étoile aux cieux !
C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose,
L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose !
C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour.
C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine,
A versé la beauté, comme une coupe pleine,
Et dans mon coeur l'amour !
Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie.
C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie
Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner.
Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne.
La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne :
Laisse-toi couronner !
Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire,
Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire,
Poussière que l'orgueil rapporte des combats,
Ni l'ambition folle, occupée aux chimères,
Qui ronge tristement les écorces amères
Des choses d'ici-bas ;
Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées,
Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées,
Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur,
Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire,
Et toutes les chansons de cette douce lyre
Qu'on appelle le coeur !
Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète,
Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite,
Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ;
Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne,
Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne,
Les âmes ont l'amour !
Victor HUGO
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles,
Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles !
Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux !
Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées !
Tant elle répandait d'amoureuses rosées
Sur les fleurs et sur nous !
Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme,
Car tu me regardais avec toute ton âme !
J'admirais la beauté dont ton front se revêt.
Et sans même qu'un mot révélât ta pensée,
La tendre rêverie en ton coeur commencée
Dans mon coeur s'achevait !
Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie
Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie,
Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux,
Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures,
Si pleines de rayons, de parfums, de murmures,
Si douces toutes deux !
Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde !
C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde !
Lui qui charme mon coeur ! lui qui ravit mes yeux !
C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère !
C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre
Comme l'étoile aux cieux !
C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose,
L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose !
C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour.
C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine,
A versé la beauté, comme une coupe pleine,
Et dans mon coeur l'amour !
Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie.
C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie
Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner.
Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne.
La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne :
Laisse-toi couronner !
Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire,
Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire,
Poussière que l'orgueil rapporte des combats,
Ni l'ambition folle, occupée aux chimères,
Qui ronge tristement les écorces amères
Des choses d'ici-bas ;
Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées,
Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées,
Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur,
Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire,
Et toutes les chansons de cette douce lyre
Qu'on appelle le coeur !
Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète,
Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite,
Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ;
Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne,
Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne,
Les âmes ont l'amour !
Victor HUGO

Petite brise- Esthète
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Inscrit le : 21/10/2008
Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Poeme les yeux
Par Sully Prudhome
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.
Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d'ombre.
Oh! qu'ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n'est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible ;
Et comme les astres penchants,
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux
Les yeux qu'on ferme voient encore.
j'aime ce poeme
Par Sully Prudhome
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.
Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d'ombre.
Oh! qu'ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n'est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible ;
Et comme les astres penchants,
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux
Les yeux qu'on ferme voient encore.
j'aime ce poeme

Melissa- Esthète
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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
La dure épreuve va finir
La dure épreuve va finir :
Mon cœur, souris à l’avenir.
Ils sont passés les jours d’alarmes
Où j’étais triste jusqu’aux larmes.
Ne suppute plus les instants,
Mon âme, encore un peu de temps.
J’ai tu les paroles amères
Et banni les sombres chimères.
Mes yeux exilés de la voir
De par un douloureux devoir,
Moi, oreille avide d’entendre
Les notes d’or de sa voix tendre,
Tout mon être et tout mon amour
Acclament le bienheureux jour
Où, seul rêve et seule pensée,
Me reviendra la fiancée !
Paul Verlaine
La dure épreuve va finir :
Mon cœur, souris à l’avenir.
Ils sont passés les jours d’alarmes
Où j’étais triste jusqu’aux larmes.
Ne suppute plus les instants,
Mon âme, encore un peu de temps.
J’ai tu les paroles amères
Et banni les sombres chimères.
Mes yeux exilés de la voir
De par un douloureux devoir,
Moi, oreille avide d’entendre
Les notes d’or de sa voix tendre,
Tout mon être et tout mon amour
Acclament le bienheureux jour
Où, seul rêve et seule pensée,
Me reviendra la fiancée !
Paul Verlaine

Petite brise- Esthète
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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Aux faux amis, qui de leurs miroirs sont les ennemis
L'idéale maison de Marcel DUGAS
J'avais construit ma maison sur un ciel de nuages et de
zéphyr. Et pour que nul ne me dérobe mes tableaux, mes
statues, mes rêves, j'étais allé, sur une montagne très haute,
la suspendre dans l'azur. Elle était belle, ma fantastique
demeure! Elle était la chose du soleil, du jour, de la nuit, et la
flamme qui monte et le parfum qui descend avec lenteur sur
la plaine. En elle se refaisaient les visages du matin et du
soir.
Parmi les murmures qui s'élevaient des bois, elle semblait
flotter sur les nappes d'or du soleil épandu. Et si l'orage
déchaînait ses fureurs, elle pleurait de toute la pluie des ciels.
Elle empruntait une voix aux éléments, et sa parure,
c'étaient les pourpres de Phébus, le reflet des nuages, les
vapeurs qui s'exhalaient des lacs, des roseaux et des cabanes
de terre.
Maison ardente et qui dansait comme une arche bien-
heureuse! Maison illusoire où les fées souriaient, penchées
aux fenêtres.
Sous les caresses des étoiles, elle simulait une vivante
habitation, hantée de fantômes et de rêves patiemment
apprivoisés. L'empyrée, qui bruit de tant de musiques, lui
fournissait des chansons. Son hospitalité se faisait
accueillante à la joie et au malheur; des mendiants - c'est un
rêve! - mangeaient de mon pain, et des poètes, fraternels aux
chimères, m'endormaient de leurs chants. Dans son jardin,
les jeunes filles venaient cueillir des fleurs et des fruits.
Et j'ai cru, un jour, follement que, sur son seuil, je
refaisais l'homme, à l'image des dieux et des saints.
Mais, un soir de tempête, ma maison s'est écroulée avec
mes images, mes souvenirs, mon intelligence et ma flamme.
Ne la cherchez pas désormais; ma maison n'est plus, ma
maison est morte.
L'idéale maison de Marcel DUGAS
J'avais construit ma maison sur un ciel de nuages et de
zéphyr. Et pour que nul ne me dérobe mes tableaux, mes
statues, mes rêves, j'étais allé, sur une montagne très haute,
la suspendre dans l'azur. Elle était belle, ma fantastique
demeure! Elle était la chose du soleil, du jour, de la nuit, et la
flamme qui monte et le parfum qui descend avec lenteur sur
la plaine. En elle se refaisaient les visages du matin et du
soir.
Parmi les murmures qui s'élevaient des bois, elle semblait
flotter sur les nappes d'or du soleil épandu. Et si l'orage
déchaînait ses fureurs, elle pleurait de toute la pluie des ciels.
Elle empruntait une voix aux éléments, et sa parure,
c'étaient les pourpres de Phébus, le reflet des nuages, les
vapeurs qui s'exhalaient des lacs, des roseaux et des cabanes
de terre.
Maison ardente et qui dansait comme une arche bien-
heureuse! Maison illusoire où les fées souriaient, penchées
aux fenêtres.
Sous les caresses des étoiles, elle simulait une vivante
habitation, hantée de fantômes et de rêves patiemment
apprivoisés. L'empyrée, qui bruit de tant de musiques, lui
fournissait des chansons. Son hospitalité se faisait
accueillante à la joie et au malheur; des mendiants - c'est un
rêve! - mangeaient de mon pain, et des poètes, fraternels aux
chimères, m'endormaient de leurs chants. Dans son jardin,
les jeunes filles venaient cueillir des fleurs et des fruits.
Et j'ai cru, un jour, follement que, sur son seuil, je
refaisais l'homme, à l'image des dieux et des saints.
Mais, un soir de tempête, ma maison s'est écroulée avec
mes images, mes souvenirs, mon intelligence et ma flamme.
Ne la cherchez pas désormais; ma maison n'est plus, ma
maison est morte.
Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Hier, on parlait de choses et d'autres
Hier, on parlait de choses et d'autres,
Et mes yeux allaient recherchant les vôtres ;
Et votre regard recherchait le mien
Tandis que courait toujours l'entretien.
Sous le banal des phrases pesées
Mon amour errait après vos pensées ;
Et quand vous parliez, à dessein distrait,
Je prêtait l'oreille à votre secret :
Car la voix, ainsi que les yeux de Celle
Qui vous fait joyeux et triste, décèle,
Malgré tout effort morose ou rieur,
Et met au plein jour l'être intérieur.
Or, hier je suis parti plein d'ivresse :
Est-ce un espoir vain que mon coeur caresse,
Un vain espoir, faux et doux compagnon ?
Oh ! non ! n'est-ce pas ? n'est-ce pas que non ?
Paul VERLAINE
Hier, on parlait de choses et d'autres,
Et mes yeux allaient recherchant les vôtres ;
Et votre regard recherchait le mien
Tandis que courait toujours l'entretien.
Sous le banal des phrases pesées
Mon amour errait après vos pensées ;
Et quand vous parliez, à dessein distrait,
Je prêtait l'oreille à votre secret :
Car la voix, ainsi que les yeux de Celle
Qui vous fait joyeux et triste, décèle,
Malgré tout effort morose ou rieur,
Et met au plein jour l'être intérieur.
Or, hier je suis parti plein d'ivresse :
Est-ce un espoir vain que mon coeur caresse,
Un vain espoir, faux et doux compagnon ?
Oh ! non ! n'est-ce pas ? n'est-ce pas que non ?
Paul VERLAINE

Petite brise- Esthète
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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
STANCES
" Mélancolique mer que je ne connais pas,
Tu vas m' envelopper dans ta brume légère ;
Sur ton sable mouillé je marquerai mes pas,
Et j' oublierai soudain et la ville et la terre.
Ô mer, ô tristes flots, saurez-vous, dans vos bruits,
Qui viendront expirer sur les sables sauvages,
Bercer jusqu' à la mort mon coeur, et ses ennuis
Qui ne se plaisent plus qu' aux beautés des naufrages ?
Eh quoi ! Peut-être aussi c' était mon naturel :
Je fus doux, étant dur, et rieur, étant sombre ;
Je voulus faire un dieu de tout ce temporel,
Et je traîne après moi des fantômes sans nombre.
L' homme mortel succombe et le sort est vainqueur.
Apollon, dieu cruel, ennemi de ta race,
Si tu m' as fait saigner tout le sang de mon coeur,
Ce que tu châtiais, c' était ta propre audace."
Jean MOREAS
" Mélancolique mer que je ne connais pas,
Tu vas m' envelopper dans ta brume légère ;
Sur ton sable mouillé je marquerai mes pas,
Et j' oublierai soudain et la ville et la terre.
Ô mer, ô tristes flots, saurez-vous, dans vos bruits,
Qui viendront expirer sur les sables sauvages,
Bercer jusqu' à la mort mon coeur, et ses ennuis
Qui ne se plaisent plus qu' aux beautés des naufrages ?
Eh quoi ! Peut-être aussi c' était mon naturel :
Je fus doux, étant dur, et rieur, étant sombre ;
Je voulus faire un dieu de tout ce temporel,
Et je traîne après moi des fantômes sans nombre.
L' homme mortel succombe et le sort est vainqueur.
Apollon, dieu cruel, ennemi de ta race,
Si tu m' as fait saigner tout le sang de mon coeur,
Ce que tu châtiais, c' était ta propre audace."
Jean MOREAS
Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Mon poême du jour...
Gaspard Hauser chante :
Je suis venu, calme orphelin,
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m'ont pas trouvé malin.
À vingt ans un trouble nouveau
Sous le nom d'amoureuses flammes
M'a fait trouver belles les femmes :
Elles ne m'ont pas trouvé beau.
Bien que sans patrie et sans roi
Et très brave ne l'étant guère,
J'ai voulu mourir à la guerre :
La mort n'a pas voulu de moi.
Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Qu'est-ce que je fais en ce monde ?
Ô vous tous, ma peine est profonde :
Priez pour le pauvre Gaspard !
Paul Verlaine
Gaspard Hauser chante :
Je suis venu, calme orphelin,
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m'ont pas trouvé malin.
À vingt ans un trouble nouveau
Sous le nom d'amoureuses flammes
M'a fait trouver belles les femmes :
Elles ne m'ont pas trouvé beau.
Bien que sans patrie et sans roi
Et très brave ne l'étant guère,
J'ai voulu mourir à la guerre :
La mort n'a pas voulu de moi.
Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Qu'est-ce que je fais en ce monde ?
Ô vous tous, ma peine est profonde :
Priez pour le pauvre Gaspard !
Paul Verlaine

Petite brise- Esthète
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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Si vous croyez que je vais dire,
Qui j'ose aimer,
Je ne saurais, pour un empire,
Vous la nommer.
Nous allons chanter à la ronde,
Si vous voulez,
Que je l'adore et qu'elle est blonde,
Comme les blés.
Je fais ce que sa fantaisie,
Veut m'ordonner,
Et je puis, s'il lui faut ma vie,
La lui donner.
Du mal qu'une amour ignorée,
Nous fait souffrir,
J'en porte l'âme déchirée,
Jusqu'à mourir.
Mais j'aime trop pour que je die,
Qui j'ose aimer,
Et je veux mourir pour ma mie,
Sans la nommer.Alfred de MUSSET (1810-1857)

Fuego- Esthète
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Humeur: Fuego comme le feu mais doux comme toi
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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
C'est dingue ce que peut faire un homme pour une blonde !
Hein Fuego ? !!
Hein Fuego ? !!


Petite brise- Esthète
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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
J'ai presque peur, en vérité,
J'ai presque peur, en vérité,
Tant je sens ma vie enlacée
À la radieuse pensée
Qui m'a pris l'âme l'autre été,
Tant votre image, à jamais chère,
Habite en ce cœur tout à vous,
Mon cœur uniquement jaloux
De vous aimer et de vous plaire ;
Et je tremble, pardonnez-moi
D'aussi franchement vous le dire,
À penser qu'un mot, un sourire
De vous est désormais ma loi,
Et qu'il vous suffirait d'un geste,
D'une parole ou d'un clin œil,
Pour mettre tout mon être en deuil
De son illusion céleste.
Mais plutôt je ne veux vous voir,
L'avenir dût-il m'être sombre
Et fécond en peines sans nombre,
Qu'à travers un immense espoir,
Plongé dans ce bonheur suprême
De me dire encore et toujours,
En dépit des mornes retours,
Que je vous aime, que je t'aime !
Paul Verlaine
J'ai presque peur, en vérité,
Tant je sens ma vie enlacée
À la radieuse pensée
Qui m'a pris l'âme l'autre été,
Tant votre image, à jamais chère,
Habite en ce cœur tout à vous,
Mon cœur uniquement jaloux
De vous aimer et de vous plaire ;
Et je tremble, pardonnez-moi
D'aussi franchement vous le dire,
À penser qu'un mot, un sourire
De vous est désormais ma loi,
Et qu'il vous suffirait d'un geste,
D'une parole ou d'un clin œil,
Pour mettre tout mon être en deuil
De son illusion céleste.
Mais plutôt je ne veux vous voir,
L'avenir dût-il m'être sombre
Et fécond en peines sans nombre,
Qu'à travers un immense espoir,
Plongé dans ce bonheur suprême
De me dire encore et toujours,
En dépit des mornes retours,
Que je vous aime, que je t'aime !
Paul Verlaine

Petite brise- Esthète
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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
« Je veux montrer la foule et chaque homme en détail
Avec ce qui l'anime et qui le désespère
Et sous ses saisons d'homme tout ce qu'il éclaire
Son espoir et son sang son histoire et sa peine »
(Paul Eluard, fragment de « Poème pour tous »)
Avec ce qui l'anime et qui le désespère
Et sous ses saisons d'homme tout ce qu'il éclaire
Son espoir et son sang son histoire et sa peine »
(Paul Eluard, fragment de « Poème pour tous »)
Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Comme une grande fleur ...
Comme une grande fleur trop lourde qui défaille,
Parfois, toute en mes bras, tu renverses ta taille
Et plonges dans mes yeux tes beaux yeux verts ardents,
Avec un long sourire où miroitent tes dents...
Je t'enlace ; j'ai comme un peu de l'âpre joie
Du fauve frémissant et fier qui tient sa proie.
Tu souris... je te tiens pâle et l'âme perdue
De se sentir au bord du bonheur suspendue,
Et toujours le désir pareil au coeur me mord
De t'emporter ainsi, vivante, dans la mort.
Incliné sur tes yeux où palpite une flamme
Je descends, je descends, on dirait, dans ton âme...
De ta robe entr'ouverte aux larges plis flottants,
Où des éclairs de peau reluisent par instants,
Un arôme charnel où le désir s'allume
Monte à longs flots vers moi comme un parfum qui fume.
Et, lentement, les yeux clos, pour mieux m'en griser,
Je cueille sur tes dents la fleur de ton baiser ! ...
Albert Samain
Recueil : Le chariot d'or
Comme une grande fleur trop lourde qui défaille,
Parfois, toute en mes bras, tu renverses ta taille
Et plonges dans mes yeux tes beaux yeux verts ardents,
Avec un long sourire où miroitent tes dents...
Je t'enlace ; j'ai comme un peu de l'âpre joie
Du fauve frémissant et fier qui tient sa proie.
Tu souris... je te tiens pâle et l'âme perdue
De se sentir au bord du bonheur suspendue,
Et toujours le désir pareil au coeur me mord
De t'emporter ainsi, vivante, dans la mort.
Incliné sur tes yeux où palpite une flamme
Je descends, je descends, on dirait, dans ton âme...
De ta robe entr'ouverte aux larges plis flottants,
Où des éclairs de peau reluisent par instants,
Un arôme charnel où le désir s'allume
Monte à longs flots vers moi comme un parfum qui fume.
Et, lentement, les yeux clos, pour mieux m'en griser,
Je cueille sur tes dents la fleur de ton baiser ! ...
Albert Samain
Recueil : Le chariot d'or

Petite brise- Esthète
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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.
Jacques PREVERT
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.
Jacques PREVERT
Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Petite Princesse
Cette nuit j'ai fait un songe.
J'ai rêvé d'une petite princesse,
D'un doux petit teint rosé
Si agréable et si belle à regarder.
De ses yeux clairs couleur de vert
Me transportait dans un monde d'univers,
Au chaleureux royaume de son coeur
Pour me faire partager son bonheur.
Si calme et si douce à mes côtés,
Mon coeur ne fait que chanter
Une douce mélodie d'amour
Pour conquérir son coeur de velours.
Avec son sourire d'angélique
Mon rêve devient magnifique.
De ses douces lèvres j'ai rêvé,
D'un geste tendre elle ma guidé
Pour me donner un doux baiser.
A mon réveil je m'émerveille
En découvrant près de moi
Sa peau douce comme de la soie.
Je réalise mon bonheur et ma joie
Car cette petite princesse c'est toi.
Cette nuit j'ai fait un songe.
J'ai rêvé d'une petite princesse,
D'un doux petit teint rosé
Si agréable et si belle à regarder.
De ses yeux clairs couleur de vert
Me transportait dans un monde d'univers,
Au chaleureux royaume de son coeur
Pour me faire partager son bonheur.
Si calme et si douce à mes côtés,
Mon coeur ne fait que chanter
Une douce mélodie d'amour
Pour conquérir son coeur de velours.
Avec son sourire d'angélique
Mon rêve devient magnifique.
De ses douces lèvres j'ai rêvé,
D'un geste tendre elle ma guidé
Pour me donner un doux baiser.
A mon réveil je m'émerveille
En découvrant près de moi
Sa peau douce comme de la soie.
Je réalise mon bonheur et ma joie
Car cette petite princesse c'est toi.

Princesse- Esthète
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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Poème inédit de Rabah BELAMRI
1
cette nuit
la mer manque de tendresse
horizon de roches
afflux de rouille dans les membres
le pêcheur s'épuise à capter son visage
si près de l'abîme
2
les terrasses du sommeil basculent
l'écume se fait banquise
je reviens néanmoins contre ta hanche
dénudé par la rumeur de l'aube
3
même le ciel des prophètes prend feu
à ta crinière
ô Boraq de désir
tes ailes bleuies d'audace
inversent l'oeil de la mort
4
ce matin
l'île penche sous son poids de lumière
une fillette court sur la dalle des prières
je reçois les embruns de son rire
Yvonne Belamri (Copyright © 1995)
Protection des droits d'auteur
Ce texte peut être copié et redistribué librement, avec les restrictions suivantes :
- Le texte ne doit pas être publié sous forme imprimée sans accord préalable écrit d'Yvonne Belamri. Il ne doit pas être publié sous forme électronique ou multimédia, ou inclus dans des compilations, ou mis à disposition sur des serveurs en ligne dont la consultation serait autre que gratuite, sans accord préalable écrit d'Yvonne Belamri.
- Le texte ne doit pas être modifié. Il doit être reproduit en entier, ou pas du tout. Aucune "correction" ou édition n'est admise.
- Le texte peut être traduit, mais la traduction ne doit pas être publiée sans accord préalable écrit d'Yvonne Belamri.
- Lorsqu'il est distribué ou copié, le texte doit toujours être accompagné de la présente notice.
- Si vous souhaitez contacter Yvonne Belamri, envoyez un message à Clicnet qui vous donnera les moyens de le faire.
1
cette nuit
la mer manque de tendresse
horizon de roches
afflux de rouille dans les membres
le pêcheur s'épuise à capter son visage
si près de l'abîme
2
les terrasses du sommeil basculent
l'écume se fait banquise
je reviens néanmoins contre ta hanche
dénudé par la rumeur de l'aube
3
même le ciel des prophètes prend feu
à ta crinière
ô Boraq de désir
tes ailes bleuies d'audace
inversent l'oeil de la mort
4
ce matin
l'île penche sous son poids de lumière
une fillette court sur la dalle des prières
je reçois les embruns de son rire
Yvonne Belamri (Copyright © 1995)
Protection des droits d'auteur
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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Les yeux
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux,
Et le soleil se lève encore.
Les nuits, plus douces que les jours,
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours,
Et les yeux se sont remplis d'ombre.
Oh ! qu'ils aient perdu le regard,
Non, non cela n'est pas possible !
Ils se e l'invisible ;
Et comme les astres penchants
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent.
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux,
Les yeux qu'on ferme voient encore
[center]
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux,
Et le soleil se lève encore.
Les nuits, plus douces que les jours,
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours,
Et les yeux se sont remplis d'ombre.
Oh ! qu'ils aient perdu le regard,
Non, non cela n'est pas possible !
Ils se e l'invisible ;
Et comme les astres penchants
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent.
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux,
Les yeux qu'on ferme voient encore
[center]

Princesse- Esthète
-

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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Es-tu brune ou blonde ?
Es-tu brune ou blonde ?
Sont-ils noirs ou bleus,
Tes yeux ?
Je n'en sais rien mais j'aime leur clarté profonde,
Mais j'adore le désordre de tes cheveux.
Es-tu douce ou dure ?
Est-il sensible ou moqueur,
Ton coeur ?
Je n'en sais rien mais je rends grâce à la nature
D'avoir fait de ton coeur mon maître et mon vainqueur.
Fidèle, infidèle ?
Qu'est-ce que ça fait,
Au fait
Puisque toujours dispose à couronner mon zèle
Ta beauté sert de gage à mon plus cher souhait.
Paul Verlaine

Princesse- Esthète
-

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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
" Les Poètes allument les lampes
Eux-mêmes -s'éteignent-
Les mèches qu'ils activent-
Si la lumière vitale
Demeure comme font les Soleils-
Chaque Age est un verre
Qui propage
leur circonférence-"
Eux-mêmes -s'éteignent-
Les mèches qu'ils activent-
Si la lumière vitale
Demeure comme font les Soleils-
Chaque Age est un verre
Qui propage
leur circonférence-"
Emily DICKINSON
Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Il est, un plaisir plus doux qu'un poème,
Et ce serait de vivre à tes genoux.
Parmi les éclats
De tes jeunes rires,
L'on entend siffler
L'oiseau des savanes,
Avec le murmure ailé du zéphyr
Et le chant plaintif des peuples d'amour...
Toi, mignonne aux yeux
Plus noirs que mon âme,
Fais ma place dans ta couche douillette,
Je te chanterai des refrains de feu!...
Au cœur de la rose on meurt de parfums,
Ma lèvre frissonne au vent des baisers...
Plus rouge que sang
Fais couler ta lèvre!
Femme obscure et dont l'œil égale la rancune,
Prends-moi, voici l'instant des mêlées furieuses.
Que se parent de sang nos chairs voluptueuses!
Regarde! Me voici plus pâle que la lune,
Agenouillé devant l'image de ton charme...
J'attends. Et mon cœur passe d'alarme en alarme.
C'est l'instant de mon malheur,
L'heure
Où Décembre, en sa pâleur,
Pleure.
Mais, quoique toute clameur
Se meure,
En moi ton rire charmeur
Demeure...
Et ce serait de vivre à tes genoux.
Parmi les éclats
De tes jeunes rires,
L'on entend siffler
L'oiseau des savanes,
Avec le murmure ailé du zéphyr
Et le chant plaintif des peuples d'amour...
Toi, mignonne aux yeux
Plus noirs que mon âme,
Fais ma place dans ta couche douillette,
Je te chanterai des refrains de feu!...
Au cœur de la rose on meurt de parfums,
Ma lèvre frissonne au vent des baisers...
Plus rouge que sang
Fais couler ta lèvre!
Femme obscure et dont l'œil égale la rancune,
Prends-moi, voici l'instant des mêlées furieuses.
Que se parent de sang nos chairs voluptueuses!
Regarde! Me voici plus pâle que la lune,
Agenouillé devant l'image de ton charme...
J'attends. Et mon cœur passe d'alarme en alarme.
C'est l'instant de mon malheur,
L'heure
Où Décembre, en sa pâleur,
Pleure.
Mais, quoique toute clameur
Se meure,
En moi ton rire charmeur
Demeure...
Kateb Yacine. Soliloque.
Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Magnifique !

Petite brise- Esthète
-

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Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Quand Reverrai-je Hélas ...
« J’ai peut-être rêvé : les vaisseaux sont fantômes
Ai-je connu la ville où hier un attentat
Mettait dans les journaux un air de glas qui sonne
Au non-sens effréné qu’on appela Cirta
C’est à douter d’un souvenir et l’Algérie
Me dit dans un regard que mes yeux m’ont menti
Et rien d’autre mon cœur que cette rêverie
Au bastingage lourd d’un bateau qui partit
Suis-je né dans l’exil et dans mon habitude
A chercher au métro le couloir étranger
Suis-je le prisonnier de cette servitude
Qui nous fait dire blanc dés lors qu’il a neigé
Mon cœur est un touriste aux étapes d’ennui
Je ne visite rien qu’un souvenir qui râle
Hôtel tout n’est qu’hôtel pour allonger la nuit
Ah ! la fiche à remplir testament des escales
Je connais sous les ponts à l’écoute du fleuve
L’impassible dialogue et les mornes questions
Que se pose un maudit à qui manque la preuve
Qu’il est juste pour lui de dormir sous un pont
Verrai-je un nouvel an aux couleurs de cerise
La rue blonde au pavé d’un jour du mois de mai
Et vers le Djebel Ouach quand bavarde la brise
Tous ces rêves noyés d’un lac aux yeux fermés
J’ai peut-être rêvé : les vaisseaux sont fantômes
Ai-je connu la ville où hier un attentat
Mettait dans les journaux un air de glas qui sonne
Au non-sens effréné qu’on appela Cirta ».
Malek Haddad
« J’ai peut-être rêvé : les vaisseaux sont fantômes
Ai-je connu la ville où hier un attentat
Mettait dans les journaux un air de glas qui sonne
Au non-sens effréné qu’on appela Cirta
C’est à douter d’un souvenir et l’Algérie
Me dit dans un regard que mes yeux m’ont menti
Et rien d’autre mon cœur que cette rêverie
Au bastingage lourd d’un bateau qui partit
Suis-je né dans l’exil et dans mon habitude
A chercher au métro le couloir étranger
Suis-je le prisonnier de cette servitude
Qui nous fait dire blanc dés lors qu’il a neigé
Mon cœur est un touriste aux étapes d’ennui
Je ne visite rien qu’un souvenir qui râle
Hôtel tout n’est qu’hôtel pour allonger la nuit
Ah ! la fiche à remplir testament des escales
Je connais sous les ponts à l’écoute du fleuve
L’impassible dialogue et les mornes questions
Que se pose un maudit à qui manque la preuve
Qu’il est juste pour lui de dormir sous un pont
Verrai-je un nouvel an aux couleurs de cerise
La rue blonde au pavé d’un jour du mois de mai
Et vers le Djebel Ouach quand bavarde la brise
Tous ces rêves noyés d’un lac aux yeux fermés
J’ai peut-être rêvé : les vaisseaux sont fantômes
Ai-je connu la ville où hier un attentat
Mettait dans les journaux un air de glas qui sonne
Au non-sens effréné qu’on appela Cirta ».
Malek Haddad
Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Lisez rapidement le poème de Si Malek et voyez comment la musicalité
n'est pas seulement une question de rimes, c'est tous les mots qui sonnent.
n'est pas seulement une question de rimes, c'est tous les mots qui sonnent.
Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Si tu ne reviens pas, songe un peu quelquefois
Aux filles du désert, soeurs à la douce voix,
Qui dansent pieds nus sur la dune ;
Ô beau jeune homme blanc, bel oiseau passager,
Souviens-toi, car peut-être, ô rapide étranger,
Ton souvenir reste à plus d'une !
Aux filles du désert, soeurs à la douce voix,
Qui dansent pieds nus sur la dune ;
Ô beau jeune homme blanc, bel oiseau passager,
Souviens-toi, car peut-être, ô rapide étranger,
Ton souvenir reste à plus d'une !
Victor HUGO.
Re: Un poème car à tout il faut un commencement
Belle et ressemblante
Par Paul ELUARD
Un visage à la fin du jour
Un berceau dans les feuilles mortes du jour
Un bouquet de pluie nue
Tout soleil caché
Toute source des sources au fond de l'eau
Tout miroir des miroirs brisé
Un visage dans les balances du silence
Un caillou parmi d'autres cailloux
Pour les frondes des dernières lueurs du jour
Un visage semblable à tous les visages oubliés.
Par Paul ELUARD
Un visage à la fin du jour
Un berceau dans les feuilles mortes du jour
Un bouquet de pluie nue
Tout soleil caché
Toute source des sources au fond de l'eau
Tout miroir des miroirs brisé
Un visage dans les balances du silence
Un caillou parmi d'autres cailloux
Pour les frondes des dernières lueurs du jour
Un visage semblable à tous les visages oubliés.
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