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 Quelques philosophes contemporains

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MessageSujet: Quelques philosophes contemporains   Mer 15 Déc - 11:50

Quelques philosophes contemporains. Par Nicolas Rouillot



De l’attitude limite à la déconstruction

Nous proposons pour commencer de classer les philosophes contemporains en trois catégories ou plutôt de distinguer les philosophes contemporains de deux autres catégories de penseurs, plus ou moins étiquetés comme philosophes.
Tout d’abord, il y a les philosophes de formation : ils ont fait des études de philosophie, mais ont ensuite décidé de se consacrer à d’autres domaines du savoir (Bernard Henri Lévy par exemple qui se décrit d’abord comme un écrivain) ou à la vulgarisation de thèses philosophiques (Raphaël Enthoven).
Il y a ensuite, les philosophes traditionalistes : ils occupent des postes importants au sein des universités ou des grandes écoles françaises (Luc Ferry, Alain Renaut, Alain Finkelkraut) et développent une théorie néo-kantienne.
Enfin, il y a les philosophes contemporains, c’est-à-dire les philosophes qui pratiquent une philosophie originale et qui se distinguent des deux autres catégories par leurs positions que nous qualifierons de « limites ». Nous entendons ce terme au sens de l’« attitude limite » définie par Foucault dans Qu’est-ce que les Lumières ?, c’est-à-dire par l’adoption d’une attitude qui permet d’échapper à l’alternative du dedans et du dehors, et de se situer aux frontières (pour plus de détails sur cette attitude limite, voir notre lecture de Qu’est-ce que les Lumières ?).
Cette attitude est aussi qualifiée de critique par Foucault. Elle consiste plus prosaïquement à partir des catégories qui se présentent comme des universels (l’Etat, la folie, l’individu, etc.) pour étudier ce qu’elles ont de contingentes et d’arbitraires. Autrement dit, au lieu de pratiquer une critique au sens kantien qui consisterait à s’interroger sur les conditions de possibilité de la connaissance, du vivre ensemble, etc., il s’agit de se positionner à partir du présent pour passer les catégories universelles dans un prisme analytique qui les décortique comme des catégories singulières et historiques.
Cette pratique philosophique a été qualifiée par Derrida au moyen du terme de déconstruction. Que faut-il entendre par là ? Pour comprendre l’origine du terme de déconstruction, on peut là encore renvoyer à la lecture de notre article sur la Destruction heideggérienne. Mais pour le dire simplement, Derrida en relisant Etre et Temps, cherche à traduire plus précisément le terme de Destruktion employé par Heidegger pour décrire son entreprise de critique de la métaphysique occidentale. Au départ, la traduction française littérale du terme allemand est destruction. Mais Derrida estime que cette traduction n’est pas pertinente. Il lui préfère le terme de déconstruction, dans la mesure où il ne s’agit pas dans l’esprit de Heidegger de détruire au sens propre la métaphysique, mais de montrer comment elle s’est bâtie. Derrida cherche donc à jouer sur l’aspect contradictoire du terme déconstruction : d’une part, il s’agit d’une destruction, mais d’autre part d’une construction. Comment dépasser ce paradoxe patent ? Il suffit pour cela de trouver des exemples de processus de destruction-construction. Le meilleur est probablement celui de l’édredon : pour réaliser un édredon, il faut à la fois découper des pièces de tissus, mais aussi les recoudre dans un nouvel ensemble qui possède sa propre logique. A partir de multiples pièces anciennes, on fait une construction nouvelle.
Cette méthode pratique et philosophique se présente comme le meilleur rempart aux relégations de la philosophie au rang de discipline désuette et théorique. L’enjeu est bien de lui redonner une dimension concrète, pour éviter que celle-ci ne soit, comme trop souvent, négligée au motif qu’elle n’est qu’un ensemble d’idées abstraites. La philosophie n’est pas l’histoire des idées : il s’agit d’une discipline qui repose sur un savoir spécifique qui est celle de la lecture des textes, mais aussi, plus généralement, qui procède d’un savoir du découpage selon les limites et de leur dépassement possible.
Si l’on osait, on pourrait dire que la philosophie est même un savoir technique au même titre qu’il existe un savoir technique de la boucherie : Platon dans le Phèdre compare la méthode philosophique à la découpe d’un poulet qui en suivrait scrupuleusement les articulations. La nuance de la déconstruction telle que Derrida la conçoit, est qu’il s’agit d’expérimenter les limites possibles d’une découpe qui puisse ne pas suivre les articulations telles qu’elles nous sont données. Mais il ne s’agit pas pour autant de faire n’importe quoi : la destruction des catégories n’a d’intérêt que si et seulement si elle est capable de reconstruire ce qui est détruit, tout en offrant un éclairage nouveau sur lui.
Cette pratique déconstructrice peut être appliquée aux textes philosophiques eux-mêmes. C’est notamment ce que montre François Cusset dans son livre French Theory. Le rapport aux auteurs dans les campus des universités américaines est souvent allographique (convocation de l’auteur, tout en maintenant son altérité). Ils sont instaurateurs de transdiscursivité : ils sont moins des noms propres que le nom des traitements que l’on fait subir aux textes. Le nom d’auteur devient quelque chose de mobile.
Afin de donner une idée de ces auteurs que l’on peut mobiliser pour pratiquer la déconstruction, on peut en citer quelques uns et essayer d’en donner rapidement les caractéristiques déconstructices. Cette liste que nous donnons des philosophes contemporains est non exhaustive et certainement partiale. Nous comptons sur votre vigilance pour ajouter ceux que notre négligence aurait conduit à oublier.
Les philosophes contemporains

Alain Badiou est un philosophe français. Son livre majeur est L’être et l’événement , il est paru en 1988. Pour Badiou, le philosopher consiste à repérer dans la variété des mondes et des discours, les indices qu’une vérité a eu lieu. Il s’agit ainsi de prêter une attention au lieu de l’émergence d’une vérité.

Jacques Bouveresse est un philosophe français qui est un très bon connaisseur de Ludwig Wittgenstein. Dans Prodiges et vertiges de l’analogie, il déconstruit les usages abusifs faits par certains intellectuels de l’analogie en philosophie et en sciences sociales, et notamment de l’usage d’outils mathématiques comme le théorème de Gödel pour justifier une théorie.

Judith Butler a écrit l’ouvrage désormais classique Gender Trouble qui est à l’origine des analyses de l’identité selon le genre (féminisme). Elle délocalise les intuitions les plus fortes de la théorie française pour les confronter aux débats universitaires américains.

Stanley Fish est certainement l’incarnation de la gloire universitaire et du star-system appliqué aux intellectuels (gros salaire, sollicitations nationales, médiatisation). Il est un pragmatiste de la lecture, un logicien de l’interprétation, qui met à plat les règles de la lecture ordinaire, en vue de retrouver le sens parabolique des textes. Il redéfinit également l’institution comme le théâtre de production du sens puisqu’elle détermine une mé-prélecture, c’est-à-dire une mélecture d’avant l’acte de lire.

Marcel Gauchet est l’un des plus célèbres philosophes contemporains français. Dans Le désenchantement du monde, il défend sa thèse célèbre du christianisme comme religion de la sortie de la religion. Dans cette fresque historique, il montre en effet comment le christianisme prépare la laïcisation de la société. Il dirige actuellement la revue Le Débat.

René Girard, philosophe français, est un professeur émérite de littérature comparée à l’université Stanford et à l’Université Duke aux États-Unis. Il est l’inventeur de la théorie mimétique qui, à partir de la découverte du caractère mimétique du désir, a jeté les bases d’une nouvelle anthropologie. Il se définit lui-même comme un anthropologue de la violence et du religieux.

Fredric Jameson est l’intellectuel marxiste américain le plus influent de sa génération, mais il ne fait partie d’aucune affiliation ou quelque organisme que ce soit. Il étudie la « superstructure » des phénomènes textuels. Il a une approche critique des vogues théoriques et postmodernistes de ces dernières années. Ses ouvrages se situent entre un double croisement de la pensée marxiste avec l’histoire des représentations esthétiques et avec un « inconscient politique » qui serait propre au récit littéraire. Mais ce sont surtout ses analyses de la théorie (littéraire et poststructuraliste) comme idéologie qui se révèlent déterminante, notamment lorsqu’il affirme que le postmodernisme est l’allié « culturel » du capitalisme avancé.

Gayatri Spivak se caractérise par une méfiance systématique envers les pensées et les cultures de la totalisation, du monisme, du système, qu’elle maîtrise néanmoins. Cette critique des démarches totalisantes se traduit par un rapport tactique au concept, un appel au croisement des luttes et une critique de l’intellectuel universitaire.

Richard Rorty mène une critique du rationalisme et de l’objectivisme de la philosophie analytique américaine. Il a conservé néanmoins un ethos de logicien, en argumentant plutôt que d’affirmer péremptoirement ses idées. Il redéfinit l’objectif de la philosophie comme d’être une théorie générale de la représentation, il fait ainsi le lien entre la réflexion et le miroir, la connaissance devenant ainsi une simple représentation : tentative de saisir le monde extérieur sans proposer de fondation à cet acte. Le savoir ne pouvant pas se fonder en vérité mais étant toujours condamner aux imperfections de la représentation (aux conditions sociales et normatives qui en déterminent les modalités).

Edward Said réfléchit que les rapports entre culture et politique, pouvoir et identité. Dans Orientalism, son livre majeur, il montre comment la littérature française du XIXe siècle s’est constituée sur l’invention occidentale d’un stéréotype culturel proche-oriental : la construction intellectuelle et coloniale d’une identité autre. Son objectif est ainsi d’accéder à un inconscient historique des œuvres, à une dimension intrinsèquement politique de la littérature. Son rêve est de faire que la critique littéraire renoue dans l’espace politique et littéraire mondial avec la démarche critique telle que l’avaient définie Marx et Gramsci, c’est-à-dire une démarche qui se méfie des systèmes et qui doit toujours se faire en situation.

Jacques Rancière est un élève de Louis Althusser, qui prend rapidement ses distances avec son maître. En 1987, il se fait connaître par son livre Le maître ignorant où il s’intéresse à Joseph Jacotot, qui au début du XIXe siècle remit radicalement en cause les fondements de la pédagogie traditionnelle.

Slavoj Žižek est un philosophe qui psychanalyse nos sociétés modernes. Il est d’origine slovène et mondialement connu de par ses positions théoriques parfois dérangeantes. Ses travaux s’inspirent pour une grande part du psychanalyste Jacques Lacan. Il a réalisé un documentaire intitulé Le guide pervers du cinéma.


Source : http://www.lescontemporaines.fr/?Quelques-philosophes-contemporains

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MessageSujet: Re: Quelques philosophes contemporains   Mer 15 Déc - 21:31

Merci Admin, trés intéressant ! Smile
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MessageSujet: Re: Quelques philosophes contemporains   Mer 15 Déc - 22:10

Merci surtout à Nicolas Rouillot, qui nous fait connaitre enfin des philosophes autres que ceux (et toujours les mêmes) qui squattent les plateaux télés en France.

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