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 Abdelhamid BEN BADIS

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MessageSujet: Abdelhamid BEN BADIS   Dim 11 Jan - 1:47

Ben Badis, né le 4 décembre 1889 à Constantine et décédé le 16 avril 1940 dans la même ville, était une figure emblématique du mouvement réformiste humain en Algérie. Albelhamid Ben Badis était le fils d'une famille de vieille bourgeoisie citadine, dont il revendiquait les origines berbères remontant aux Zirides, dynastie musulmane fondée au Xe siècle par Bologhine ibn Ziri.

Ben Badis fonda en 1931 l'Association des oulémas musulmans algériens. C'est dans le mensuel al-Chihab qu'il publia, de 1925 jusqu'à sa mort, ses idées réformistes qui concernaient tant le domaine religieux et social que politique. Brillant, rigoureux et novateur, il est l'auteur de plusieurs ouvrages développant les idées d'un retour aux textes fondamentaux pour aller vers la modernité et que le Coran se devait d'être interprété par le Coran même.

Ben Badis a appris le Coran à l’âge de treize ans. Très jeune, il est placé sous le préceptorat de Hamdân Lounissi. Celui ci a marqué durablement la jeunesse de Ben Badis, si bien qu'il n’avait jamais oublié son conseil: « apprend la science pour l’amour de la science, non pas pour le devoir ». Il était aussi connu pour avoir toujours défendu les droits des habitants musulmans de Constantine et pour la promotion des activité d'enseignement, d'aide sociale et de mouvement associatif culturel, juvénile et sportif. Affable, proche des gens et tolérant, il était très apprécié.

En 1908, Ben Badis décide de commencer son premier voyage pour la science vers la mosquée Zitouna de Tunis qui était en ce temps-là un grand centre de science.

À la mosquée Zitouna, son horizon commence à s’agrandir Il y rencontre beaucoup de savants qui ont influencé sa personnalité et son orientation. Parmi eux, Cheik Mohamed Al Nakhli qui a enraciné en lui l’idéologie de la réforme, comme il lui a montré la bonne méthode pour comprendre le Coran. Il y avait aussi Cheikh Mohamed Al Taher Ben Achour qui l’a guidé vers l'amour de la langue arabe et la dégustation de sa splendeur. Quant au Cheikh Al Bachir Safer, il poussa Ben Badis à s'intéresser à l’histoire et aux problèmes contemporains des musulmans, ainsi qu'à trouver une solution pour repousser le colonialisme occidental et ses séquelles.

Après son retour en Algérie, il commence aussitôt à enseigner à la mosquée Djamaa Al Kabir à Constantine. Mais ceux qui s'opposaient au mouvement réformiste humain, ont voulu l'interdire, ce qui l’a poussé à partir de nouveau, mais vers le Moyen-Orient cette fois-ci. Après avoir accompli le pèlerinage à la Mecque et Médine, Ben Badis y est resté trois mois pour donner des cours au masjid al-Nabawi.

Il y rencontrera par la suite son ami et l’un des partisans du mouvement réformiste islamique, cheikh Mohamed Bachir El Ibrahimi. Cette rencontre sera le point de départ de la réforme en Algérie, puisque les deux se sont rencontrés et ont longuement discuté afin de mettre au point un plan de réforme clair. Cheikh Hussein Ahmed Al Hindi, résidant lui aussi à Médine, lui a conseillé de retourner en Algérie qui avait besoin de lui.

Sur la route du retour, Ben Badis visite la Syrie et la mosquée al-Azhar d’Égypte où il rencontra beaucoup d'hommes de science et de littérature.
En 1913, Ben Badis retourne en Algérie et s’installe à Constantine où il entame son travail d’enseignement et d'animation sociale. Il commence par donner des cours à la mosquée, aux petits puis aux grands. Par la suite, il commence à développer l’idée de fonder l'Association des oulémas musulmans algériens qu'il fonde en 1931.
Acteur central de la vie sociale constantinoise, très respecté par tous, il contribua à assurer l'émancipation des Algériens, créeant une dynamique de promotion et apaiser les tensions
intereligieuses. En 1936, Ben Badis participe à la fondation du Congrès musulman algérien (CMA) et se rend en France pour présenter la vision des Algériens. Il faudrait souligner que l’une des préoccupations majeures durant cette période de la vie de Abdelhamid Ben Badis était la lutte contre la répression qui s'abattait sur les patriotes algériens et la dénonciation de la propagande fasciste et des agissements antisémites. Tout cela, il le faisait en pratiquant son travail quotidien en tant que journaliste et chroniqueur de talent.
Le 16 avril 1940, Ben Badis meurt dans sa ville natale Constantine. Il fut enterré en présence de 20 000 personnes. Ses obsèques prirent l'aspect d'une gigantesque manifestation anticolonialiste. Il fut un penseur émérite dont les idées et l'action demeurent à ce jour un ciment de la pensée sociale religieuse en Algérie.

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