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 Un poème car à tout il faut un commencement

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Ven 15 Juil - 20:23

Farniente
de Théophile Gautier

Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.
Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
Le puceron qui grimpe et se pende au brin d’herbe,
La chenille traînant ses anneaux veloutés,
La limace baveuse aux sillons argentés,
Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
Ensuite je regarde, amusement frivole,
La lumière brisant dans chacun de mes cils,
Palissade opposée à ses rayons subtils,
Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.


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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Ven 15 Juil - 21:12

Peut-être serai-je plus gaie

Peut-être serai-je plus gaie
Quand, dédaigneuse du bonheur,
Je m'en irai vieille et fanée,
La neige au front et sur le coeur

Quand la joie ou les cris des autres
Seront mon seul étonnement
Et que des pleurs qui furent nôtres
Je n'aurai que le bavement.

Alors, on me verra sourire
Sur un brin d'herbe comme au temps
Où sans souci d'apprendre à lire
Je courais avec le printemps.

Peut-être serai-je plus gaie de Cécile Sauvage

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Le sage peut, sans faillir, changer de positions avec les saisons
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Ven 22 Juil - 12:20

A un poète

de Victor HUGO


Ami, cache ta vie et répands ton esprit.

Un tertre, où le gazon diversement fleurit ;
Des ravins où l'on voit grimper les chèvres blanches ;
Un vallon, abrité sous un réseau de branches
Pleines de nids d'oiseaux, de murmures, de voix,
Qu'un vent joyeux remue, et d'où tombe parfois,
Comme un sequin jeté par une main distraite,
Un rayon de soleil dans ton âme secrète ;
Quelques rocs, par Dieu même arrangés savamment
Pour faire des échos au fond du bois dormant ;
Voilà ce qu'il te faut pour séjour, pour demeure !
C'est là, - que ta maison chante, aime, rie ou pleure, -
Qu'il faut vivre, enfouir ton toit, borner tes jours,
Envoyant un soupir à peine aux antres sourds,
Mirant dans ta pensée intérieure et sombre
La vie obscure et douce et les heures sans nombre,
Bon d'ailleurs, et tournant, sans trouble ni remords,
Ton coeur vers les enfants, ton âme vers les morts !
Et puis, en même temps, au hasard, par le monde,
Suivant sa fantaisie auguste et vagabonde,
Loin de toi, par delà ton horizon vermeil,
Laisse ta poésie aller en plein soleil !
Dans les rauques cités, dans les champs taciturnes,
Effleurée en passant des lèvres et des urnes,
Laisse-la s'épancher, cristal jamais terni,
Et fuir, roulant toujours vers Dieu, gouffre infini,
Calme et pure, à travers les âmes fécondées,
Un immense courant de rêves et d'idées,
Qui recueille en passant, dans son flot solennel,
Toute eau qui sort de terre ou qui descend du ciel !
Toi, sois heureux dans l'ombre. En ta vie ignorée,
Dans ta tranquillité vénérable et sacrée,
Reste réfugié, penseur mystérieux !
Et que le voyageur malade et sérieux
Puisse, si le hasard l'amène en ta retraite,
Puiser en toi la paix, l'espérance discrète,
L'oubli de la fatigue et l'oubli du danger,
Et boire à ton esprit limpide, sans songer
Que, là-bas, tout un peuple aux mêmes eaux s'abreuve.

Sois petit comme source et sois grand comme fleuve.

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MessageSujet: Sans rancune   Ven 22 Juil - 23:15

Sans rancune
Larmes des yeux, les malheurs des malheureux,
Malheurs sans intérêt et larmes sans couleurs,
Il ne demande rien, il n'est pas insensible,
Il est triste en prison et triste s'il est libre.

Il fait un triste temps, il fait une nuit noire
A ne pas mettre un aveugle dehors. Les forts
Sons assis, les faibles tiennent le pouvoir
Et le roi est debout près de la reine assise.

Sourires et soupirs, des injures pourrissent
Dans la bouche des muets et dans les yeux des lâches.
Ne prenez rien : ceci brûle, cela flambe!
Vos mains sont faites pour vos poches et vos fronts.

Une ombre...
Toute l'infortune du monde
Et mon amour dessus
Comme une bête nue.

Paul Eluard
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Jeu 1 Sep - 16:47

L'art et le peuple

L'art, c'est la gloire et la joie.
Dans la tempête il flamboie ;
Il éclaire le ciel bleu.
L'art, splendeur universelle,
Au front du peuple étincelle,
Comme l'astre au front de Dieu.

L'art est un champ magnifique
Qui plaît au coeur pacifique,
Que la cité dit aux bois,
Que l'homme dit à la femme,
Que toutes les voix de l'âme
Chantent en choeur à la fois !

L'art, c'est la pensée humaine
Qui va brisant toute chaîne !
L'art, c'est le doux conquérant !
A lui le Rhin et le Tibre !
Peuple esclave, il te fait libre ;
Peuple libre, il te fait grand !

Victor HUGO

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Jeu 1 Sep - 16:48

Autant comme l'on peut en un autre langage

Autant comme l'on peut en un autre langage
Une langue exprimer, autant que la nature
Par l'art se peut montrer, et que par la peinture
On peut tirer au vif un naturel visage :

Autant exprimes-tu, et encor davantage,
Avecques le pinceau de ta docte écriture,
La grâce, la façon, le port et la stature
De celui qui d'Énée a décrit le voyage.

Cette même candeur, cette grâce divine,
Cette même douceur et majesté latine
Qu'en ton Virgile on voit, c'est celle même encore

Qui française se rend par ta céleste veine.
Des Masures sans plus, à faute d'un Mécène
Et d'un autre César, qui ses vertus honore.

Joachim DU BELLAY
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Jeu 1 Sep - 16:50


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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Jeu 1 Sep - 17:03

Tu sais avec ses références antiques, il me rappele les architectes de la renaissance italienne ! non ?


Dernière édition par Rawya le Jeu 1 Sep - 21:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Jeu 1 Sep - 17:19

Oui, de ton point de vue d'architecte

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Ven 9 Sep - 10:05

[center]
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 10 Sep - 3:51

La mélancolie de l'automne (Fragments)

de Song Yu (3ème Siècle avant Jésus-Christ)


Q
uatre saisons règnent au monde, oh!
D'automne je suis affligé.
Le givre les herbes fécondes, oh!
Les arbres sont tout défeuillés.

La clarté du soleil a fui, oh!
Le parfum des fleurs est fini.
On entre dans la longue nuit, oh!
Et bientôt tout sera flétri.

L'automne vient avec son givre, oh!
Et l'hivers avec ses gelées.
En vain de l'été on est ivre, oh!
Sa splendeur est toute enterrée.

On voit pourrir les feuilles mortes, oh!
Les branches dans le désarroi.
Leur couleur nulle joie n'apporte, oh!
Les troncs jaunissent dans le froid.

Quelle tristesse des squelettes, oh!
Qui grelottent au coup de vent!
Tout décline qui est au faîte, oh!
On ne retrouve plus son temps.

Je lâche les rênes en main, oh!
Je flâne sans plus m'en soucier.
L'année approche de sa fin, oh!
Je crains que mes jours soient comptés.

Que je me plains de mon temps fade, oh!
Et de la confusion automnale.
Je m'appuie sur la balustrade, oh!
Un grillon chante à l'ouest de la salle.

Mon cœur tremble; que vais-je dire?
Pourquoi ai-je tant de tristesse?
Je regarde la lune et soupire;
Je marche jusqu'au jour, sans cesse.



Traduit du chinois par Xu Yuan Zhong

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MessageSujet: Rabindranath Tagore, l'offrande lyrique (92,93)   Dim 11 Sep - 14:57



92
Je sais qu'un jour viendra où je perdrai de vue cette terre ; la vie prendra congé de moi en silence après avoir tiré le suprême rideau sur mes yeux.

Cependant les étoiles veilleront dans la nuit, l'aurore surgira comme la veille et les heures s'enfleront pareilles à des vagues marines apportant plaisirs et chagrins.

Quand je pense à cet arrêt de mes instants la digue des instants se brise ; soudain, pour moi s'éclaire à la lumière de la mort de ton univers avec ses trésors nonchalants.
Exquise en est la plus humble demeure, exquise y est la vie la moins prisée.

Les biens que j'ai souhaités en vain et les biens que j'ai possédés qu'ils s'en aillent ! Et qu'à ces biens seuls en vérité je m'attache, que j'ai toujours méprisés ou que je n'ai pas voulu voir.

93

J'ai pris mon congé ! Souhaitez-moi bon voyage, mes frères ! Je vous tire ma révérence.

Voici, je mets mes clefs sur la porte ; je résigne tout droits sur ma maison.
Accordez-moi seulement au départ quelques bonnes paroles.
Durant longtemps nous aurons été voisins, et j'ai reçu de vous plus que je ne pouvais vous donner.

A présent le jour point ; la lampe est consumée qui a éclairé mon coin sombre. Un appel est venu et je suis prêt au voyage.

Rabindranath Tagore
L'offrande lyrique
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Sameera16
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Mer 14 Sep - 15:40



J'habite une ville si candide

Qu'on l'appelle Alger la Blanche

Ses maisons chaulées sont suspendues

En cascade en pain de sucre

En coquilles d'oeufs brisés

En lait de lumière solaire

En éblouissante lessive passée au bleu

En plein milieu

De tout le bleu

D'une pomme bleue

Je tourne sur moi-même

Et je bats ce sucre bleu du ciel

Et je bats cette neige bleue du ciel

Bâtis sur des îles battues qui furent mille

Ville audacieuse Ville démarrée

Ville au large rapide à l'aventure

On l'appelle El Djezaïr

Comme un navire

De la compagnie Charles le Borgne.



Anna Greki
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Ven 30 Sep - 21:24

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre,

celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement

celui qui évite la passion

et son tourbillon d'émotions

celles qui redonnent la lumière dans les yeux

et réparent les cœurs blessés

Il meurt lentement

celui qui ne change pas de cap

lorsqu'il est malheureux

au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques

pour réaliser ses rêves,

celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!

Risque-toi aujourd'hui!

Agis tout de suite!



Ne te laisse pas mourir lentement!

Ne te prive pas d'être heureux!



Muere lentamente quien no viaja,
quien no lee,

quien no oye música,

quien no encuentra gracia en sí mismo.

Muere lentamente

quien destruye su amor própio,

quien no se deja ayudar.

Muere lentamente

quien se transforma en esclavo del hábito

repitiendo todos los días los mismos trayectos,

quien no cambia de marca,

no se atreve a cambiar el color de su vestimenta

o bien no conversa con quien no conoce.

Muere lentamente

quien evita una pasión y su remolino de emociones,

justamente éstas que regresan el brillo a los ojos

y restauran los corazones destrozados.



Muere lentamente

quien no gira el volante cuando está infeliz con
su trabajo, o su amor,

quien no arriesga lo cierto ni lo incierto para ir
atrás de un sueño

quien no se permite, ni siquiera una vez en su vida,

huir de los consejos sensatos...

¡ Vive hoy !

¡ Arriesga hoy !

¡ Hazlo hoy !

¡ No te dejes morir lentamente !

¡ NO TE IMPIDAS SER FELIZ !

Pablo Neruda


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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 1 Oct - 8:23

Très vrai et juste ...Merci Admin
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Lem
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 1 Oct - 10:55

Il meurt lentement celui qui ne sourit pas... à la vie !
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Esthète


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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 1 Oct - 22:42

Je meurs lentement .

Merci de me le rappeler Admin pale
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 1 Oct - 22:46

De rien camarade, de rien Smile

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 8 Oct - 2:29

Art poétique

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Ou l’Indécis au Précis se joint.

C’est de beaux yeux derrière des voiles,
C’est le grand jour tremblant de midi ;
C’est par un ciel d’automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la couleur, rien que la Nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L’Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prend l’éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d’énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l’on y veille, elle ira jusqu’où ?

Ô qui dira les torts de la Rime !
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux à d’autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.

Paul Verlaine

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 8 Oct - 13:56

Merci Admin...

La lecture de ce poème me relaxe comme le ferait une bonne tisane.

Il est vraiment fort ce Paul Verveine ! Smile
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 8 Oct - 15:44

Lem a écrit:
Merci Admin...

La lecture de ce poème me relaxe comme le ferait une bonne tisane.

Il est vraiment fort ce Paul Verveine ! Smile

Laughing BRAVO LEM !

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MessageSujet: La muse et le poète   Mer 12 Oct - 11:28

La nuit d'août

LA MUSE

Depuis que le soleil, dans l'horizon immense,
A franchi le Cancer sur son axe enflammé,
Le bonheur m'a quittée, et j'attends en silence
L'heure où m'appellera mon ami bien-aimé.
Hélas ! depuis longtemps sa demeure est déserte ;
Des beaux jours d'autrefois rien n'y semble vivant.
Seule, je viens encor, de mon voile couverte,
Poser mon front brûlant sur sa porte entr'ouverte,
Comme une veuve en pleurs au tombeau d'un enfant.

LE POÈTE

Salut à ma fidèle amie !
Salut, ma gloire et mon amour !
La meilleure et la plus chérie
Est celle qu'on trouve au retour.
L'opinion et l'avarice
Viennent un temps de m'emporter.
Salut, ma mère et ma nourrice !
Salut, salut consolatrice !
Ouvre tes bras, je viens chanter.

LA MUSE

Pourquoi, coeur altéré, coeur lassé d'espérance,
T'enfuis-tu si souvent pour revenir si tard ?
Que t'en vas-tu chercher, sinon quelque hasard ?
Et que rapportes-tu, sinon quelque souffrance ?
Que fais-tu loin de moi, quand j'attends jusqu'au jour ?
Tu suis un pâle éclair dans une nuit profonde.
Il ne te restera de tes plaisirs du monde
Qu'un impuissant mépris pour notre honnête amour.
Ton cabinet d'étude est vide quand j'arrive ;
Tandis qu'à ce balcon, inquiète et pensive,
Je regarde en rêvant les murs de ton jardin,
Tu te livres dans l'ombre à ton mauvais destin.
Quelque fière beauté te retient dans sa chaîne,
Et tu laisses mourir cette pauvre verveine
Dont les derniers rameaux, en des temps plus heureux,
Devaient être arrosés des larmes de tes yeux.
Cette triste verdure est mon vivant symbole ;
Ami, de ton oubli nous mourrons toutes deux,
Et son parfum léger, comme l'oiseau qui vole,
Avec mon souvenir s'enfuira dans les cieux.

LE POÈTE

Quand j'ai passé par la prairie,
J'ai vu, ce soir, dans le sentier,
Une fleur tremblante et flétrie,
Une pâle fleur d'églantier.
Un bourgeon vert à côté d'elle
Se balançait sur l'arbrisseau ;
Je vis poindre une fleur nouvelle ;
La plus jeune était la plus belle :
L'homme est ainsi, toujours nouveau.

LA MUSE

Hélas ! toujours un homme, hélas ! toujours des larmes !
Toujours les pieds poudreux et la sueur au front !
Toujours d'affreux combats et de sanglantes armes ;
Le coeur a beau mentir, la blessure est au fond.
Hélas ! par tous pays, toujours la même vie :
Convoiter, regretter, prendre et tendre la main ;
Toujours mêmes acteurs et même comédie,
Et, quoi qu'ait inventé l'humaine hypocrisie,
Rien de vrai là-dessous que le squelette humain.
Hélas ! mon bien-aimé, vous n'êtes plus poète.
Rien ne réveille plus votre lyre muette ;
Vous vous noyez le coeur dans un rêve inconstant ;
Et vous ne savez pas que l'amour de la femme
Change et dissipe en pleurs les trésors de votre âme,
Et que Dieu compte plus les larmes que le sang.

LE POÈTE

Quand j'ai traversé la vallée,
Un oiseau chantait sur son nid.
Ses petits, sa chère couvée,
Venaient de mourir dans la nuit.
Cependant il chantait l'aurore ;
Ô ma Muse, ne pleurez pas !
À qui perd tout, Dieu reste encore,
Dieu là-haut, l'espoir ici-bas.

LA MUSE

Et que trouveras-tu, le jour où la misère
Te ramènera seul au paternel foyer ?
Quand tes tremblantes mains essuieront la poussière
De ce pauvre réduit que tu crois oublier,
De quel front viendras-tu, dans ta propre demeure,
Chercher un peu de calme et d'hospitalité ?
Une voix sera là pour crier à toute heure :
Qu'as-tu fait de ta vie et de ta liberté ?
Crois-tu donc qu'on oublie autant qu'on le souhaite ?
Crois-tu qu'en te cherchant tu te retrouveras ?
De ton coeur ou de toi lequel est le poète ?
C'est ton coeur, et ton coeur ne te répondra pas.
L'amour l'aura brisé ; les passions funestes
L'auront rendu de pierre au contact des méchants ;
Tu n'en sentiras plus que d'effroyables restes,
Qui remueront encor, comme ceux des serpents.
Ô ciel ! qui t'aidera ? que ferai-je moi-même,
Quand celui qui peut tout défendra que je t'aime,
Et quand mes ailes d'or, frémissant malgré moi,
M'emporteront à lui pour me sauver de toi ?
Pauvre enfant ! nos amours n'étaient pas menacées,
Quand dans les bois d'Auteuil, perdu dans tes pensées,
Sous les verts marronniers et les peupliers blancs,
Je t'agaçais le soir en détours nonchalants.
Ah ! j'étais jeune alors et nymphe, et les dryades
Entr'ouvraient pour me voir l'écorce des bouleaux,
Et les pleurs qui coulaient durant nos promenades
Tombaient, purs comme l'or, dans le cristal des eaux.
Qu'as-tu fait, mon amant, des jours de ta jeunesse ?
Qui m'a cueilli mon fruit sur mon arbre enchanté ?
Hélas ! ta joue en fleur plaisait à la déesse
Qui porte dans ses mains la force et la santé.
De tes yeux insensés les larmes l'ont pâlie ;
Ainsi que ta beauté, tu perdras ta vertu.
Et moi qui t'aimerai comme une unique amie,
Quand les dieux irrités m'ôteront ton génie,
Si je tombe des cieux, que me répondras-tu ?

LE POÈTE

Puisque l'oiseau des bois voltige et chante encore
Sur la branche où ses oeufs sont brisés dans le nid ;
Puisque la fleur des champs entr'ouverte à l'aurore,
Voyant sur la pelouse une autre fleur éclore,
S'incline sans murmure et tombe avec la nuit,

Puisqu'au fond des forêts, sous les toits de verdure,
On entend le bois mort craquer dans le sentier,
Et puisqu'en traversant l'immortelle nature,
L'homme n'a su trouver de science qui dure,
Que de marcher toujours et toujours oublier ;

Puisque, jusqu'aux rochers tout se change en poussière ;
Puisque tout meurt ce soir pour revivre demain ;
Puisque c'est un engrais que le meurtre et la guerre ;
Puisque sur une tombe on voit sortir de terre
Le brin d'herbe sacré qui nous donne le pain ;

Ô Muse ! que m'importe ou la mort ou la vie ?
J'aime, et je veux pâlir ; j'aime et je veux souffrir ;
J'aime, et pour un baiser je donne mon génie ;
J'aime, et je veux sentir sur ma joue amaigrie
Ruisseler une source impossible à tarir.

J'aime, et je veux chanter la joie et la paresse,
Ma folle expérience et mes soucis d'un jour,
Et je veux raconter et répéter sans cesse
Qu'après avoir juré de vivre sans maîtresse,
J'ai fait serment de vivre et de mourir d'amour.

Dépouille devant tous l'orgueil qui te dévore,
Coeur gonflé d'amertume et qui t'es cru fermé.
Aime, et tu renaîtras ; fais-toi fleur pour éclore.
Après avoir souffert, il faut souffrir encore ;
Il faut aimer sans cesse, après avoir aimé.
Alfred de Musset
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Sameera16
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Dim 16 Oct - 14:35

Paul Eluard (Liberté…)


Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom


Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer


Liberté.



Paul Eluard
Poésie et vérité, 1942
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Moula
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Jeu 20 Oct - 13:11

Un poeme de l'imam Al-Chafii :

ياصاحب الهم ان الهم منفرج ........ابشر بخير فان الفارج الله
اذا بليت فثق بالله وارض به.......ان الذي يكشف البلوى هوالله
ياصاحب الهم ان الهم منفرج........ابشر بخير فان الفارج الله
اليأس يقطع احيانا بصاحبه ...........لاتيأسن فان الفارج الله
ياصاحب الهم ان اهم منفرج........ابشر بخير فان الفارج الله
الله حسبك مماعذت منه به.........وأين امنع ممن حسبه الله
ياصاحب الهم ان الهم منفرج........ابشر بخير فان الفارج الله
الله يحدث بعد العسر ميسرة..........لاتجزعن فان الكافي الله
ياصاحب الهم ان الهم منفرج ......ابشر بخير فان الفارج الله
والله مالك غير الله من احد .......فحسبك الله في كل لك الله
ياصاحب الهم ان الهم منفرج......ابشر بخير فان الفارج الله
الحمدلله شكرا لاشريك له........ماسرع الخيرجدا حين يشاالله
ياصاحب الهم ان الهم منفرج .....ابشر بخير فان الفارج الله

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Jeu 20 Oct - 13:29

Encore un poeme de Al chafii:

عليك بتقوى الله إن كنت غافلا *** يأتيك بالأرزاق من حيث لا تدري
فكيف تخاف الفقر والله رازق *** فقد رزق الطير والحوت في البحر
ومن ظن أن الرزق يأتي بقوة *** ما أكل العصفور شيئاً مع النسر
تزول عن الدنيا فإنك لا تدري *** إذا جن عليك الليل هل تعيش إلى الفجر
فكم من صحيح مات من غير علة *** وكم من سقيم عاش حيناً من الدهر
وكم من فتى أمسى وأصبح ضاحكا *** وأكفانه في الغيب تنسج وهو لا يدري
فمن عاش ألفاً وألفين *** فلابد من يوم يسير إلى القبر

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Aujourd'hui à 10:41

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Un poème car à tout il faut un commencement
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