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 Un poème car à tout il faut un commencement

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Jeu 20 Oct - 15:23

Il faudrait peut-être traduire pour ceux qui ne comprennent pas l'arabe. Merci Moula
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KariM
Esthète


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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Jeu 20 Oct - 18:18


A un passant

Mon cher enfant que j’ai vu dans ma vie errante,
Mon cher enfant, que, mon Dieu, tu me recueillis,
Moi-même pauvre ainsi que toi, purs comme lys,
Mon cher enfant que j’ai vu dans ma vie errante !

Et beau comme notre âme pure et transparente,
Mon cher enfant, grande vertu de moi, la rente,
De mon effort de charité, nous, fleurs de lys !
On te dit mort… Mort ou vivant, sois ma mémoire !

Et qu’on ne hurle donc plus que c’est de la gloire
Que je m’occupe, fou qu’il fallut et qu’il faut…
Petit ! mort ou vivant, qui fis vibrer mes fibres,

Quoi qu’en aient dit et dit tels imbéciles noirs
Compagnon qui ressuscitas les saints espoirs,
Va donc, vivant ou mort, dans les espaces libres !

Paul Verlaine
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Moula
Fée


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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Ven 21 Oct - 12:14

Fialyne a écrit:
Il faudrait peut-être traduire pour ceux qui ne comprennent pas l'arabe. Merci Moula

Inchallah

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Le sage peut, sans faillir, changer de positions avec les saisons
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Ven 21 Oct - 17:19

Elévation


Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;

Celui dont les pensées, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!


Charles Baudelaire
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Lem
Esthète


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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 22 Oct - 13:28




Oui, contre les mauvais sorts, l'essor...

Merci Charles B.

Merci Fialyne...
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MessageSujet: La femme de Sapho   Lun 24 Oct - 9:33


Au 21ème siècle, la poésie sera féminine ou ne sera pas. Du 8 au 21 mars, Terrafemina accompagne le Printemps des poètes pour sa 12e édition en publiant les rimes de celles qui font vivre la poésie contemporaine.

Printemps des poètes : La femme par Sapho



LA FEMME


Il l’encercle de mots pour la produire
Elle n’a pas de mots pour se dire
Il dit qu’elle est son continent noir
Elle une ombre un creux une oreille des yeux
Elle l’a encerclé un jour de ses bras
Pour contenir son discours et qu’il parle
Aujourd’hui vertige
Car vient
La parole de la femme
Dans la femme il y a l’homme
Dans l’homme il y a la femme il y a l’enfant
Il s’érige quand elle l’entend
Elle s’ouvre quand elle parle
Elle brise un grand secret
Ils ont peur de ce moment
Il y a le gant il y a le doigt
Ils se retournent
Il implore sa joie de se dresser
Elle dit à ses bouches de le cueillir
Ils sont deux à l’exercice éblouissant
Qui de l’homme sera l’homme
Qui de la femme sera l’homme
L’un ou l’autre
Ils jouent au bord d’un étrange air connu
En éventail dans la chaleur du combat
La femme
Pardonne-moi l’homme
Je ne pourrai jamais te l’expliquer
Je ne me connais pas
À chaque lune oui j’ensanglante la terre
À la lune je suis accordée
L’homme peut frapper la femme
Elle ne peut que le tuer
Elle n’a droit qu’à un geste
Il y a cet homme qui parle mieux des femmes
Que les femmes
Tout l’afflige et lui nuit et conspire à lui nuire
Ah si quelqu’un les a entendues c’est ce Jean-là
Une Grecque éperdue

Où suis-je qu’ai-je fait que dois-je faire encore


L’homme fait l’homme
La femme fait la femme
Où va-t-elle ainsi comme son travesti ?
Elle arrive elle marche douce panthère
Elle glisse des hanches des regards des mines
Mais elle pense à part
Elle jette des yeux à terre
Elle réveille la langue,
L’étrangère.


Son habit fatigué élégant, l’habit de l’homme
C’est le trouble de la femme
Lui aux lueurs de tabac
Son sourire en péril
À lui ses collines blanches
Elle a ri pour le foudroyer
J’ai hissé haut l’image
De la femme qui parle
Mais elle se tait.


Touche-moi
Et je me connaîtrai encore.
Mais quand tu me nommes tu me perds
Alors n’en parlons plus
Pour l’instant ?


Sapho
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Lem
Esthète


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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Lun 24 Oct - 13:27


Une citation de J. Brel pour illustrer ce poème (Sapho ce que Sapho...)

Les hommes ne disent que des bêtises quand ils parlent des femmes.

Par contre les femmes ne disent pas toujours des sottises quand elles parlent des hommes.


[Jacques Brel]
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Lun 24 Oct - 14:18

Pour la simple raison c 'est que l'homme pousse dans leurs ventres, chose qu'une fois fort, il l'oublie.
Merci Lem du bon sens, ta correction et ta droiture.
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MessageSujet: Soirée en mer   Sam 29 Oct - 23:55

Soirée en mer

Près du pêcheur qui ruisselle,
Quand tous deux, au jour baissant,
Nous errons dans la nacelle,
Laissant chanter l’homme frêle
Et gémir le flot puissant ;

Sous l’abri que font les voiles
Lorsque nous nous asseyons,
Dans cette ombre où tu te voiles
Quand ton regard aux étoiles
Semble cueillir des rayons ;

Quand tous deux nous croyons lire
Ce que la nature écrit,
Réponds, ô toi que j’admire,
D’où vient que mon cœur soupire ?
D’où vient que ton front sourit ?

Dis ? d’où vient qu’à chaque lame,
Comme une coupe de fiel,
La pensée emplit mon âme ?
C’est que moi je vois la rame
Tandis que tu vois le ciel !

C’est que je vois les flots sombres,
Toi, les astres enchantés !
C’est que, perdu dans leurs nombres,
Hélas, je compte les ombres
Quand tu comptes les clartés !

Chacun, c’est la loi suprême,
Rame, hélas ! jusqu’à la fin.
Pas d’homme, ô fatal problème !
Qui ne laboure ou ne sème
Sur quelque chose de vain !

L’homme est sur un flot qui gronde.
L’ouragan tord son manteau.
Il rame en la nuit profonde,
Et l’espoir s’en va dans l’onde
Par les fentes du bateau.

Sa voile que le vent troue
Se déchire à tout moment,
De sa route l’eau se joue,
Les obstacles sur sa proue
Écument incessamment !

Hélas ! hélas ! tout travaille
Sous tes yeux, ô Jéhovah !
De quelque côté qu’on aille,
Partout un flot qui tressaille,
Partout un homme qui va !

Où vas-tu ? - Vers la nuit noire.
Où vas-tu ? - Vers le grand jour.
Toi ? - Je cherche s’il faut croire.
Et toi ? - Je vais à la gloire.
Et toi ? - Je vais à l’amour.

Vous allez tous à la tombe !
Vous allez à l’inconnu !
Aigle, vautour, ou colombe,
Vous allez où tout retombe
Et d’où rien n’est revenu !

Vous allez où vont encore
Ceux qui font le plus de bruit !
Où va la fleur qu’avril dore !
Vous allez où va l’aurore !
Vous allez où va la nuit !

À quoi bon toutes ces peines ?
Pourquoi tant de soins jaloux ?
Buvez l’onde des fontaines,
Secouez le gland des chênes,
Aimez, et rendormez-vous !

Lorsque ainsi que des abeilles
On a travaillé toujours ;
Qu’on a rêvé des merveilles ;
Lorsqu’on a sur bien des veilles
Amoncelé bien des jours ;

Sur votre plus belle rose,
Sur votre lys le plus beau,
Savez-vous ce qui se pose ?
C’est l’oubli pour toute chose,
Pour tout homme le tombeau !

Car le Seigneur nous retire
Les fruits à peine cueillis.
Il dit : Échoue ! au navire.
Il dit à la flamme : Expire !
Il dit à la fleur : Pâlis !

Il dit au guerrier qui fonde :
- Je garde le dernier mot.
Monte, monte, ô roi du monde !
La chute la plus profonde
Pend au sommet le plus haut. -

Il a dit à la mortelle :
- Vite ! éblouis ton amant.
Avant de mourir sois belle.
Sois un instant étincelle,
Puis cendre éternellement ! -

Cet ordre auquel tu t’opposes
T’enveloppe et t’engloutit.
Mortel, plains-toi, si tu l’oses,
Au Dieu qui fit ces deux choses,
Le ciel grand, l’homme petit !

Chacun, qu’il doute ou qu’il nie,
Lutte en frayant son chemin ;
Et l’éternelle harmonie
Pèse comme une ironie
Sur tout ce tumulte humain !

Tous ces faux biens qu’on envie
Passent comme un soir de mai.
Vers l’ombre, hélas ! tout dévie.
Que reste-t-il de la vie,
Excepté d’avoir aimé !

¯¯¯¯¯¯¯¯

Ainsi je courbe ma tête
Quand tu redresses ton front.
Ainsi, sur l’onde inquiète,
J’écoute, sombre poète,
Ce que les flots me diront.

Ainsi, pour qu’on me réponde,
J’interroge avec effroi ;
Et dans ce gouffre où je sonde
La fange se mêle à l’onde… -
Oh ! ne fais pas comme moi !

Que sur la vague troublée
J’abaisse un sourcil hagard ;
Mais toi, belle âme voilée,
Vers l’espérance étoilée
Lève un tranquille regard !

Tu fais bien. Vois les cieux luire.
Vois les astres s’y mirer.
Un instinct là-haut t’attire.
Tu regardes Dieu sourire ;
Moi, je vois l’homme pleurer !

Victor Hugo
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 5 Nov - 17:55

PRIERE
Par toutes les foudres et tous les tonnerres
Par la sombre nuit et l'aveuglante lumière
Par toutes les montagnes et toutes les rivières
Par tous les océans et toutes les mers
Par toutes les forêts et toutes les clairières
Par toutes les bêtes, tous les fauves en colères
Par tous les canaris et leurs cages de fer
Par tous les prisonniers de toutes les guerres
Par tous ces martyrs et leurs drôles de cimetières
Par tous les pays et toutes leurs frontières
Par tous les bonheurs et toutes les misères
Par tous les phénomènes de la vie sur terre
Par tous les sages leurs proses et leurs vers
Par tous les anges du paradis et de l'enfer
Par l’écrit 19 et ses versets limpides et clairs
Par sa sagesse qui dévoile tout mystère
Donne-moi la force pour le lire et le faire
Et assiste-moi dans ce qui t'est très cher
Car sans toi je ne saurai que faire

L’écrit 19: Le Coran est le 19ème Ecrit Divin.
Le poème “Frisson” transformé en “prière”, du recueil de poèmes “Les pas perdus” par E. Bouqdib, Bruxelles 1980.


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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Jeu 24 Nov - 1:46

Toi aussi tu viendras où je suis

Aujourd'hui je me suis promené avec mon camarade.
Même s'il est mort,
Je me suis promené avec mon camarade.
Qu'ils étaient beaux les arbres en fleurs,
Les marronniers qui neigeaient le jour de sa mort.
Avec mon camarade je me suis promené.
Jadis mes parents
Allaient seuls aux enterrements
Et je me sentais petit enfant.
Maintenant je connais pas mal de morts,
J'ai vu beaucoup de croque-morts

Mais je n'approche pas de leur bord.
C'est pourquoi tout aujourd'hui
Je me suis promené avec mon ami.
Il m'a trouvé un peu vieilli,
Un peu vieilli mais il m'a dit:
Toi aussi tu viendras où je suis,
Un dimanche ou un samedi,
Moi, je regardais les arbres en fleurs,
La rivière passer sous le pont
Et soudain j'ai vu que j'étais seul.
Alors je suis rentré parmi les hommes.

Robert Desnos, "Etat de veille. Mines de rien 1938"

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Jeu 24 Nov - 13:41

Qu'est-ce que le but de la vie sinon mourir ?

La vie mérite-t-elle donc être vécue ?

Oui, si on substitue le sourire au pire..
.
Smile
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 26 Nov - 19:07

Absolument Lem, merci de cette belle remarque.

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MessageSujet: La sagesse, Alphonse De Lamartine   Sam 26 Nov - 20:35



La sagesse

Ô vous, qui passez comme l'ombre
Par ce triste vallon des pleurs,
Passagers sur ce globe sombre,
Hommes! mes frères en douleurs,
Ecoutez : voici vers Solime
Un son de la harpe sublime
Qui charmait l'écho du Thabor :
Sion en frémit sous sa cendre,
Et le vieux palmier croit entendre
La voix du vieillard de Ségor!

Insensé le mortel qui pense!
Toute pensée est une erreur.
Vivez, et mourez en silence;
Car la parole est au Seigneur!
Il sait pourquoi flottent les mondes;
Il sait pourquoi coulent les ondes,
Pourquoi les cieux pendent sur nous,
Pourquoi le jour brille et s'efface,
Pourquoi l'homme soupire et passe :
Et vous, mortels, que savez-vous?

Asseyez-vous près des fontaines,
Tandis qu'agitant les rameaux,
Du midi les tièdes haleines
Font flotter l'ombre sur les eaux :
Au doux murmure de leurs ondes
Exprimez vos grappes fécondes
Où rougit l'heureuse liqueur;
Et de main en main sous vos treilles
Passez-vous ces coupes vermeilles
Pleines de l'ivresse du coeur.

Ainsi qu'on choisit une rose
Dans les guirlandes de Sârons,
Choisissez une vierge éclose
Parmi les lis de vos vallons!
Enivrez-vous de son haleine;
Ecartez ses tresses d'ébène,
Goûtez les fruits de sa beauté.
Vivez, aimez, c'est la sagesse :
Hors le plaisir et la tendresse,
Tout est mensonge et vanité!

Comme un lis penché par la pluie
Courbe ses rameaux éplorés,
Si la main du Seigneur vous plie,
Baissez votre tête, et pleurez.
Une larme à ses pieds versée
Luit plus que la perle enchâssée
Dans son tabernacle immortel ;
Et le coeur blessé qui soupire
Rend un son plus doux que la lyre
Sous les colonnes de l'autel!

Les astres roulent en silence
Sans savoir les routes des cieux;
Le Jourdain vers l'abîme immense
Poursuit son cours mystérieux;
L'aquilon, d'une aile rapide,
Sans savoir où l'instinct le guide,
S'élance et court sur vos sillons;
Les feuilles que l'hiver entasse,
Sans savoir où le vent les chasse,
Volent en pâles tourbillons!

Et vous, pourquoi d'un soin stérile
Empoisonner vos jours bornés?
Le jour présent vaut mieux que mille
Des siècles qui ne sont pas nés.
Passez, passez, ombres légères,
Allez où sont allés vos pères,
Dormir auprès de vos aïeux.
De ce lit où la mort sommeille,
On dit qu'un jour elle s'éveille
Comme l'aurore dans les cieux!



Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Lun 28 Nov - 23:41

Belle sagesse.

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Mar 29 Nov - 1:01

Au point du jour, souvent en sursaut, je me lève

Au point du jour, souvent en sursaut, je me lève,
Éveillé par l'aurore, ou par la fin d'un rêve,
Ou par un doux oiseau qui chante, ou par le vent.
Et vite je me mets au travail, même avant
Les pauvres ouvriers qui près de moi demeurent.
La nuit s'en va. Parmi les étoiles qui meurent
Souvent ma rêverie errante fait un choix.
Je travaille debout, regardant à la fois
Éclore en moi l'idée et là-haut l'aube naître.
Je pose l'écritoire au bord de la fenêtre
Que voile et qu'assombrit, comme un antre de loups,
Une ample vigne vierge accrochée à cent clous,
Et j'écris au milieu des branches entr'ouvertes,
Essuyant par instants ma plume aux feuilles vertes.

HUGO

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 31 Déc - 21:32

"Je crie pour les enfants perdus.
J'écris.
Je crie pour la femme éventrée.
J'écris.
Je crie pour le soleil qu'on souille.
J'écris.
Je crie pour la ville qu'on brûle.
J'écris.
Je crie pour l'arbre assassiné.
J'écris.
Je crie pour le rêve sans fond.
J'écris.
Je crie pour la planète folle.
J'écris
de ne pouvoir crier."

Alain Bosquet.

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Ven 6 Jan - 17:43

L’écolier

J’écrirai le jeudi j’écrirai le dimanche
quand je n’irai pas à l’école
j’écrirai des nouvelles j’écrirai des romans
et même des paraboles
je parlerai de mon village je parlerai de mes parents
de mes aïeux de mes aïeules
je décrirai les prés je décrirai les champs
les broutilles et les bestioles
puis je voyagerai j’irai jusqu’en Iran
au Tibet ou bien au Népal
et ce qui est beaucoup plus intéressant
du côté de Sirius ou d’Algol
où tout me paraîtra tellement étonnant
que revenu dans mon école
je mettrai l’orthographe mélancoliquement

Raymond Queneau

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Ven 13 Jan - 1:19

Crépuscule

« On ne voit pas les gens dont en entend la voix
Et ceux qu’on voit ont l’air d’illustrer le silence
Tandis que circulairement l’orage lance
De longs éclairs muets qui tremblent sur les toits.

On attendait un sourd roulement de tonnerre,
Mais rien. La dame, en face, arrose sans un bruit
Ses fleurs pâles déjà recloses pour la nuit
Et partout règne un silence extraordinaire.

Peut-être le moteur de la terre s’est-il
Arrêté brusquement malgré la loi physique
Et ne perçoit-on pas encore la musique
Des sphères à travers ce silence d’exil.

Eh bien qu’elle rugisse ou file son murmure
À l’infini sans nous qui sommes exilés
Entre l’aube stridente et les cieux constellés,
Dans le soir insonore avant la nuit obscure. »

Jacques Réda, « Crépuscule », L’Adoption du système métrique, Gallimard, 2004, page 107.

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Moula
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Mer 15 Fév - 12:27


Requies

Comme un morne exilé, loin de ceux que j' aimais,
Je m' éloigne à pas lents des beaux jours de ma vie,
Du pays enchanté qu' on ne revoit jamais.
Sur la haute colline où la route dévie
Je m'arrête, et vois fuir à l'horizon dormant
Ma dernière espérance, et pleure amèrement.
Ô malheureux ! Crois-en ta muette détresse :
Rien ne refleurira, ton coeur ni ta jeunesse,
Au souvenir cruel de tes félicités.
Tourne plutôt les yeux vers l' angoisse nouvelle,
Et laisse retomber dans leur nuit éternelle
L'amour et le bonheur que tu n'as point goûtés.

Le temps n'a pas tenu ses promesses divines.
Tes yeux ne verront point reverdir tes ruines;
Livre leur cendre morte au souffle de l' oubli.
Endors-toi sans tarder en ton repos suprême,
Et souviens-toi, vivant dans l' ombre enseveli,
Qu'il n' est plus dans ce monde un seul être qui t'aime.
La vie est ainsi faite, il nous la faut subir.
Le faible souffre et pleure, et l'insensé s'irrite ;
Mais le plus sage en rit, sachant qu'il doit mourir.
Rentre au tombeau muet où l'homme enfin s'abrite,
Et là, sans nul souci de la terre et du ciel,
Repose, ô malheureux, pour le temps éternel!
Par Leconte De lisle (1818-1894)



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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Mer 29 Fév - 23:04

À Philis


Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

Pierre de Marbeuf, Recueil des vers


Dernière édition par Orfella le Mer 29 Fév - 23:36, édité 1 fois (Raison : Je mets le titre)
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Lem
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Jeu 1 Mar - 16:17

Admin, Moula, Orfella... âmes de poètes.

Faites-nous encore rêver et voyager dans l'espace-ton.

Merci à tous les trois.
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Ven 2 Mar - 17:52

Merci à vous l'ami Lem

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Ven 2 Mar - 23:09

Et voilà pour votre plaisir mes amis:
Notre vie
Notre vie tu l'as faite elle est ensevelie
Aurore d'une ville un beau matin de mai
Sur laquelle la terre a refermé son poing
Aurore en moi dix-sept années toujours plus claires
Et la mort entre en moi comme dans un moulin


Notre vie disais-tu si contente de vivre
Et de donner la vie à ce que nous aimions
Mais la mort a rompu l'équilibre du temps
La mort qui vient la mort qui va la mort vécue
La mort visible boit et mange à mes dépens


Morte visible Nusch invisible et plus dure
Que la faim et la soif à mon corps épuisé
Masque de neige sur la terre et sous la terre
Source des larmes dans la nuit masque d'aveugle
Mon passé se dissout je fais place au silence.

Paul Eluard, Le Temps déborde (1947)

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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Sam 3 Mar - 11:03

Sur toutes les pages d'écoliers, sur toute la terre et le ciel étoilé, j'écris ton nom... Paul Eluard... citoyen du monde épris de liberté.

Merci Orfella de nous rappeler ce poème qui a bercé mon enfance.
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MessageSujet: Re: Un poème car à tout il faut un commencement   Aujourd'hui à 17:15

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Un poème car à tout il faut un commencement
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