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 Kateb Yacine

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MessageSujet: Re: Kateb Yacine   Mer 28 Oct - 11:03

Kateb Yacine, instruit dans la langue du colonisateur, considérait la langue française comme le « butin de guerre » des Algériens. « L’usage de la langue française ne signifie pas qu’on soit l’agent d’une puissance étrangère, et j’écris en français pour dire aux français que je ne suis pas français », déclarait-il en 1966. Considéré comme l’un des fondateurs de la littérature maghrébine moderne en langue française, Kateb Yacine, militant anticolonialiste, a également écrit en arabe dialectal. Il voulu traduire, dans son œuvre, l’identité et les aspirations profondes de son peuple.

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MessageSujet: Re: Kateb Yacine   Mer 28 Oct - 11:11

Les œuvres de Kateb Yacine

Soliloques, poèmes. Bône, Imprimerie du « Réveil bônois », 1946. Réédité : Paris, La Découverte, 1991, Alger, Bouchène, 1990.

Nedjma, roman Paris, Seuil, 1956 .

Le cercle des représailles, recueil de théâtre comprenant : « Le cadavre encerclé », « Les ancêtres redoublent de férocité », « Le vautour », « La poudre d’intelligence ». Paris, Edition du Seuil, 1959.

Le Polygone étoilé, roman Paris, Edition du Seuil, 1966.

L’homme aux sandales de caoutchouc, Théâtre, Paris, Edition du Seuil,1970.

L’œuvre en fragments : inédits rassemblés par Jacqueline Arnaud. Paris, Edition Sindbad, 1986.

Le poète comme un boxeur : entretien de l’auteur, 1958-1989, rassemblés par Gilles Carpentier. Paris, Edition du Seuil, 1994.

Minuit passé de douze heures : écrits journalistiques, 1949-1989, textes réunis par Amazigh Kateb Paris, Edition du Seuil, 1999.

Boucherie de l’espérance : œuvres théâtrale, textes établis et traduits par Zebeïda Chergui. « Mohamed prends ta valise », « La guerre de 2000 ans ou Palestine trahie », « La guerre de 2000 ans ou le Roi de l’Ouest », « Le bourgeois sans culotte ou le spectre du parc Monceau ». Paris, Edition du Seuil, 1999.

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MessageSujet: Re: Kateb Yacine   Mer 28 Oct - 13:06

Camus et Kateb Yacine
Albert Camus et Kateb Yacine : une terre, deux voix.


Un rapport à l’Algérie obsessionnel. Exalté. Pourquoi lier Albert Camus et Kateb Yacine ? Par les seuls faits, objectifs, de leur naissance sur un même territoire et de leur partielle contemporanéité ? Par la qualité rayonnante de leurs œuvres respectives, produites dans la même langue ? Sont-elles reçues par un même public ? Par le fait que le premier est Français de plein exercice et le second catalogué d’indigène ? La distinction ethnique les situerait-elle de part et d’autre d’une faille indépassable ? Mais alors que faudrait-il prendre en compte : leur biographie individuelle et d’état civil, ou leur bibliographie ? Et, de cette dernière, repérer ce qui les unit dans la fraternité des signes, les signes errants que les hommes, habitant un même terroir, agitent pour se reconnaître ? Or, à l’évidence, il était difficile, au temps de leur contemporanéité vivante, de brandir des signes de reconnaissance identiques. La faille était béance. De chaque côté, les symboles étaient devenus des armes et les appels, des hurlements. Camus et Kateb n’avaient que leurs paroles et leurs écrits pour protester contre l’univers du malheur. Ecrivaient-ils d’une même plume ? Parlaient-ils d’une même voix ? Les idées sur le pays, la justice, la liberté, les ancêtres, la mère… avaient-elles un même contenu, un même sens, une même résonance sensuelle ?

Camus est né le 7 novembre 1913 à Mondovi, dans l’Est algérien. Il est mort le 4 janvier 1960 sur une route qui le ramenait à Paris. De l’Algérie, Camus écrit : " J’ai toujours peur d’appuyer sur cette corde intérieure qui lui correspond en moi et dont je connais le chant aveugle et grave. Mais je puis bien dire au moins qu’elle est ma vraie patrie et qu’en n’importe quel lieu du monde, je reconnais ses fils et mes frères à ce rire d’amitié qui me prend devant eux.. Oui, ce que j’aime dans les villes algériennes ne se sépare pas des hommes qui les peuplent.. " Il obtient le prix Nobel de littérature le 17 octobre 1957. En 1959, il commence la rédaction de Premier homme.

Kateb Yacine est né le 6 août 1929 à Constantine. Il est mort à Grenoble le 28 octobre 1989. Il écrit : " Ce que je n’aime pas chez Camus c’est sa manière de poser le problème. Une révolution n’est pas une morale. " Rapport au père ? " Oui, de ton père sois l’auteur et qu’à son tour il revienne au monde abréger ton séjour. " ( in Œuvre en Fragment, p. 116. Sinbad) " Une fois la tombe paternelle marquée d’une pierre grise inclinée, quel vent et quel naufrage sous le soleil de juin et face à la vallée de la Soumamm. J’avais 20 ans comme l’épée ci-gît près de la plume. " (in Polygone étoilé, p.170. Seuil) Comment aborder l’existence de ces deux personnages qui ont habité l’histoire contemporaine de la France et de l’Algérie ? Ils ont habité un même territoire. Ils ont vécu une histoire commune, et l’ont soulevée par la seule force de la pensée inscrite dans la littérature. Cette notion de littérature est en soi un continent visible et souterrain, un archipel émergé et des gisements sous-marins. Œuvres arborescentes, à la fois dans les formes et dans les contenus.

Benamar Mediene

Benamar Mediene est professeur d’université et directeur de recherche en sciences humaines à l’université d’Aix-en-Provence.



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MessageSujet: Re: Kateb Yacine   Mer 28 Oct - 17:37

ll est né en 1929, il est mort en 1989. Entre ces deux dates, il aura écrit une oeuvre, romanesque, poétique et théâtrale, qui aura marqué tant la littérature algérienne qu'universelle. Au delà de son oeuvre littéraire, c'est surtout ses positions, souvent polémiques, parfois brutales, en particulier en matière politique, identitaire ou religieuse, qui retiendront l'attention chez la personnalité de cet Algérien, qui aura été toute sa vie un homme debout et idéaliste.
60 années après sa naissance et 20 ans après sa mort son oeuvre demeure.

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MessageSujet: Re: Kateb Yacine   Jeu 29 Oct - 12:17

«Pour les écrivains qui ne sont pas des militants, ils ne voient que la littérature. Ils sont frustrés à juste titre. Moi j’ai choisi la Révolution. Je suis prêt à sacrifier beaucoup de recherches de formes pour atteindre les objectifs de fond, vitaux pour la littérature. Je considère qu’il faut être un homme et pas seulement un écrivain.»

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MessageSujet: Re: Kateb Yacine   Jeu 29 Oct - 12:18

«Faire de la littérature, le révolver en poche. Comprendre une fois pour toutes, qu’on n’a le droit d’avoir des idées que lorsqu’on les applique dans la vie.»

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MessageSujet: Re: Kateb Yacine   Jeu 29 Oct - 12:26

Questions de langues : l'idée d'un théâtre de peuple chez Kateb


" A partir des années 70, Kateb Yacine s’engage à utiliser les langues populaires algériennes dans le théâtre. De cette manière, en les réhabilitant, il répond au phénomène de diglossie, phénomène de communication que l’on peut appréhender ainsi :

"Ici en Algérie, si j’écrivais encore un Nedjma ou un Polygone étoilé, ça n’aurait aucune signification."

Le concept de diglossie désigne dans un État plurilinguiste, des rapports de coexistence entre deux ou plusieurs langues, de statut et de corpus (usages) inégal. Ces langues sont en outre caractérisées par une dissociation fonctionnelle : à chaque langue est attribuée une fonction précise. Cette dissociation est accompagnée d’un repli sur soi et donc d’une perte de contact avec la réalité des autres langues existantes.
Cette situation linguistique à plusieurs vitesses est révélatrice d’un état social profondément inégalitaire et dysfonctionnel.

En Algérie, les relations diglossiques sont en grande partie le produit des politiques d’expansion linguistique française et arabe, des tentatives d’unification linguistique, qui impliquent un état de minoration et de subordination linguistique de l’oral face à l’écrit, du dialecte face à la langue.

La production théâtrale de Kateb Yacine révèle les difficultés de coexistence des différentes langues en Algérie. Elle s’inscrit précisément dans une perspective de rupture avec le schéma diglossique qui impose la langue écrite de l’idéologie dominante sur le marché linguistique.

En effet, la prééminence de l’écrit (Voir la part importante du budget des pays en voie de développement pour l’instruction) entraîne la dévaluation de ce qui n’est pas écrit, de l’expérience même des techniques assurant l’approvisionnement en nourriture, des occupations essentielles à la société. Elle a séparé l’apprentissage de l’action, le discours de l’action.

C’est précisément là que réside tout le combat de Kateb Yacine : utiliser la parole comme acte politique, faire de l’art et de la politique un seul tenant, écarter l’écrit en tant que pouvoir et représentation de la parole.

Dans cette perspective, il investit le champ théâtral, s'évertuant à lutter contre la représentation, l’image figée en théâtre , pour s’engager dans la notion d’espace, d’action, de réalité, de révolution, de justice.

Face à l’impérialisme linguistique de l’arabe classique, Kateb Yacine produit un théâtre destiné à réhabiliter les dialectes, l’oralité, le peuple. Il réactive la tradition populaire dans le dessein de la révolution, de l’autre libération, de la réconciliation des Algériens avec eux-mêmes, leur histoire, leur langue, leur pluralité.
En allant au-devant du peuple, c’est lui qui s’adapte au peuple et non l’inverse."


- Après la libération, l’engagement est d’autant plus lourd à assumer que la classification entre langues écrites et langues orales est d’une certaine manière officialisée par la politique d’arabisation menée à partir de 1962 qui privilégie la langue arabe écrite à l’exclusion de tout autre. L'Etat poursuit comme objectif l’intériorisation de cette distinction, en discréditant et muselant l’oralité, et par là même tous ceux qui contribuent à la défendre, avec une plus grande acuité à la mort de Boumediene en 1978.

Sur le plan culturel, cette politique d’arabisation a eu pour effet de limiter sinon de suspendre les subventions et aides accordées par les institutions à Kateb Yacine et à sa troupe (entre autres). Cette situation matérielle indigente impose de travailler différemment : l’acteur joue plusieurs personnages, les décors sont limités à l’extrême,... On peut y voir un renvoi au statut social du public auquel il s’adresse.

Cette contrainte correspond d’autre part à une nécessité de mobilité. Mais ce combat matériel révèle avant tout un véritable combat politique. La troupe de Kateb Yacine ACT (Action culturelle des travailleurs) est expulsée de son lieu de travail pour y être expédiée à Sidi Bel Abbès où tout est fait pour les empêcher de travailler. Les problèmes de logement, d’argent se posent avec acuité aux comédiens.

En dépit des contraintes financières et des actions de dissuasion exercées à leur encontre (interdiction de la troupe, sabotage de la publicité), ils réussissent à imposer la langue populaire au théâtre, et même au TNA, avec bien sûr pour ce dernier, des lourdeurs et l’intention de revenir au théâtre d’élite. La langue du peuple permet un vrai travail d’expression.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Kateb Yacine et sa troupe ACT ont une plus large audience que le TNA, son champ d’action étant plus vaste : paysans, ouvriers...

À cela s’ajoute le caractère en principe gratuit de ses spectacles qui ouvre des perspectives encore plus grandes d’audience, ainsi que son énergie à aller chercher le public là où il se trouve : écoles, entreprises, lieux de travail des ouvriers agricoles.
Mais l’exercice de la censure pèse toujours sur lui. Les éditions ENAL lui refusent la publication de ses pièces en arabe parlé, de même que la télévision et la radio s’opposent à la programmation de ses pièces.

En 1982, sous la présidence de Chadli Bendjedid, le gouvernement interdit à Kateb Yacine de jouer à Tizi-Ouzou sa pièce «La guerre de 2000 ans» , deux ans après que Mouloud Mammeri ait connu le même interdit frappant sa conférence sur «La poésie ancienne des Kabyles». Sans compter les campagnes de dénigrement auxquelles il doit faire face.

Pourquoi ? Parce que, en principe lorsque le gouvernement autorise des pièces théâtrales, c’est qu’il peut assurer un contrôle certain. Or le théâtre katébien introduit la participation du public, symbolique de la société : celui-ci devient acteur, brise le schéma de passivité et de soumission auquel il est accoutumé.

Kateb Yacine utilise la parole comme un acte politique comme il l’a déjà fait avec la langue française. Il rétablit une égalité linguistique confisquée et replace ainsi le peuple à égalité de parole avec les autorités, en conférant aux langues populaires un certain pouvoir. En donnant la parole au peuple, il lui donne le pouvoir, la liberté du discours, s’immisçant sur le terrain des pouvoirs.


L’écrivain algérien Tahar Djaout assassiné en 1993 à Alger rapporte que Kateb Yacine a vécu au Centre Familial de Ben-Aknoun, un lieu réservé aux réfugiés politiques, aux apatrides et aux cas sociaux, comme si son pays, ajoute-t-il, refusant de le reconnaître, avait décidé de le cantonner dans la marge. Il fut maintes fois accusé de traîtrise pour ses positions favorables aux langues populaires.

A sa mort en 1989, l’imam égyptien Mohamed El Ghazali déclarait à la radio algérienne : «Il ne doit pas être enterré dans un cimetière musulman», ce qui n’a pas empêché le peuple d’accompagner le poète jusqu ’au cimetière d’Alger.


Extraits d'un article de Zalia Sékaï "Kateb Yacine et les langues en Algérie" paru dans Etudes et documents berbères n° 17, 1999, La boîte à documents, Edisud - (le titre est du Forum).

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