Des astrophysiciens saisissent Bouteflika à propos de l’observation du croissant lunaire :
«Les Affaires religieuses ont menti»
Un groupe de scientifiques algériens, se disant persuadé de l’erreur commise par le ministère des Affaires religieuses quant à l’observation du croissant lunaire désignant l’Aïd-el-Fitr, appelle le président de la République à nommer une commission d’enquête. «Il faut mettre en place une commission d’enquête pour décider qui a commis cette faute grave», interpelle le groupe de scientifiques dont d’éminents professeurs exerçant dans les universités algériennes, américaines, canadiennes ou émiraties.
Ces experts de l’astrophysique et des sciences de l’espace martèlent que nul, en Algérie, ne pouvait observer la nouvelle lune annonçant l’Aïd, et ce comme prétendu par le comité d’observation qui active sous l’égide du ministre des Affaires religieuses. Pour les scientifiques, au soir du 29 ramadan la lune était déjà en dessous de l’horizon et donc impossible à observer, aussi bien en Algérie que dans tous les pays arabes.
L’astre était couché avant le soleil. Les Algériens auraient donc dû fêter l’Aïd mercredi 31 août et non mardi 30 août, selon ces scientifiques.
«Ainsi, une institution de l’Etat présidée par le ministre des Affaires religieuses en personne se permet de décréter en direct, devant des millions de nos concitoyens et d’observateurs du monde, une contrevérité bafouant les faits scientifiques qui avaient pourtant été communiqués à nos officiels.
Comment une instance de l’Etat se permet-elle de faire fi des données certaines et établies par une autre instance de l’Etat, le CRAAG, pourtant représentée dans le comité des croissants ? Cette même instance avait pourtant explicitement mentionné dans son communiqué que le croissant allait se coucher avant le soleil dans la partie nord de l’Algérie et que de manière générale, le croissant sera inobservable en Algérie», peut-on lire dans cette lettre ouverte adressée par ailleurs au Premier ministre et aux ministres des Affaires religieuses, de l’Enseignement supérieur ainsi qu’à la communauté scientifique algérienne.
Pour les signataires de la lettre, «une telle commission d’enquête, impartiale et constituée de personnalités respectées, devra établir les faits et tirer les conclusions claires sur les graves erreurs commises par les responsables». Et d’ajouter : «Faute d’une rectification qui serait tout à l’honneur de l’Algérie (comme l’a fait Oman il y a quelques années), nous, scientifiques et spécialistes reconnus dans les sciences astronomiques et physiques, (…) refuserons à l’avenir de collaborer avec ces instances».
Djamel Zerrouk